Le Retour de Marcel Carné au Musée Montmartre (« Montmartre, décor de cinéma »)

23 ans après son exposition rétrospective en 1994, Marcel Carné revient donc au Musée de Montmartre dans le cadre de « Montmartre, décor de cinéma » qui se tient du 12 avril 2017 au 14 janvier 2018.

En effet en 1994 durant trois mois avait été organisée une grande exposition rétrospective sur l’oeuvre de Marcel Carné qui avait réuni en trois mois plus de 10 000 personnes.

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Feuilletez, grâce à Gallica, le numéro du Vieux Montmartre daté de janvier 1994 avec un entretien de Marcel Carné à propos de Montmartre.

Cliquez sur l’une des pages de ce lien pour la voir en plus grand.

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Cette fois-ci, « Montmartre, décor de cinéma » est l’occasion rêvée de montrer l’histoire si particulière qui unit le cinéma et Montmartre, le quartier le plus emblématique de Paris.

Depuis les origines, le cinéma a tenu une place particulière à Montmartre, par ses salles de cinéma dont le mythique Gaumont-Palace ou le Studio 28 (toujours en activité), ses studios de cinéma principalement les Studios Pathé-Francoeur où ont été tourné des grands films français dont Les Enfants du Paradis de Marcel Carné, par les films qui y ont été tournés en décors naturels (Bob le Flambeur de Jean-Pierre Melville) ou reconstitués en studios (French-Cancan de Jean Renoir).

Le mérite de l’exposition « Montmartre, décor de cinéma » est de nous montrer, aidé par une très belle scénographie et un audioguide gratuit, ces différents aspects grâce à des extraits de films (le tout premier film tourné à Montmartre : L’Attrait de Paris de Gérard Bourgeois en 1912), des maquettes de décors (ceux de Jean d’Eaubonne pour Le Plaisir de Max Ophuls), des costumes et bien sûr, de nombreuses affiches et photographies de films (Un Américain à Paris de Vincente Minnelli par exemple). A la fin, vous pouvez même admirer dans la dernière salle, consacrée à ce Fabuleux Destin d’Amélie Poulain de Jean-Pierre Jeunet, de nombreux objets emblématiques du films (la lampe cochon et les tableaux de la chambre d’Amélie) ainsi que des extraits du storyboard et de nombreux photomatons de l’album de Nino.

(c) D.R

En ce qui concerne Marcel Carné, il est bien évidemment mis à l’honneur, lui qui a habité plus de vingt ans rue Caulaincourt (et avant avenue Rachel) et est enterré dans le cimetière Saint-Vincent juste à côté du Lapin-Agile.

(c) D.R

Dès l’entrée de l’exposition, on est saisi par une très belle affiche de Juliette ou la clef des songes peinte par Jean-Denis Malclès. Mais surtout est projeté un extrait de ce film méconnu que Marcel Carné tourna à Montmartre, rue Tholozé et dans les escaliers de la rue Chappe avec Gérard Philipe et Suzanne Cloutier.

Espérons que cela donnera envie à certains visiteurs de découvrir ce beau film qui date de 1951.

(c) D.R

Puis, vous pouvez admirer dans les pièces suivantes, plusieurs maquettes de décors d’Alexandre Trauner pour Les Enfants du Paradis et Les Portes de la nuit, des photographies rares de ces films, un manuscrit du scénario des Portes de la nuit ainsi que les deux magnifiques dossiers de presse prêtés par la Fondation Jérome Seydoux-Pathé.

(c) D.R

Remarquez ci-dessus la petite pièce consacrée aux Portes de la nuit et au métro Barbès avec en perspective la maquette du décor par Alexandre Trauner et l’extrait du film sur le mur en face de vous.

(c) D.R – Les Enfants du Paradis.

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Extrait du dossier de presse :

S’il est un lieu qui résume à lui seul Paris, c’est bien Montmartre. Les écrivains et les peintres y ont depuis longtemps trouvé leur inspiration, et on ne s’étonnera pas que, dès ses débuts, le cinéma ait cherché à fixer sur pellicule une âme et une atmosphère si singulières et si photogéniques.
Montmartre et ses lieux mythiques : Pigalle et la rue Lepic, le Sacré-Coeur et le Moulin-Rouge. Montmartre du plaisir et du crime.
Montmartre où la réalité et le rêve se confondent.
Autant d’aubaines pour les innombrables cinéastes, des plus grands artistes aux plus modestes artisans, qui ont mis en image ce symbole parisien par excellence.

Filmé dans ses décors naturels ou réinventé en studio, en noir et blanc comme en couleur, Montmartre dévoile ses multiples facettes à travers cette exposition.

Ne dirait-on pas que, dans les films qui l’ont pris pour cadre, Montmartre parle, chante et vit comme un personnage à part entière, nous faisant partager ses humeurs et ses émotions ?
C’est cette pure fantasmagorie que l’exposition « Montmartre, décor de cinéma » montrera dans sa diversité au plus large public, grâce à un ensemble de documents exceptionnels : extraits de films, évocations de décors, affiches originales, dessins préparatoires, maquettes, costumes et scénarii.
Une invitation à rire, à frissonner, à pleurer. Comme au cinéma…

Le commissariat de cette exposition est assuré par Pierre Philippe, réalisateur, scénariste et écrivain, Saskia Ooms, responsable de la conservation au Musée de Montmartre, et Isabelle Ducatez de l’association Le Vieux Montmartre.

Le catalogue d’exposition – édité par Somogy en français et en anglais – comporte des textes de Françoise Lemerige, Jacques Ayroles de la Cinémathèque française, Antoine de Baecque (historien, critique de cinéma), Marc Durand (historien et arrière-petit-neveu des Frères Lumière), Alain Roulleau (directeur du Studio 28), Jean-François Pioud-Bert (réalisateur, et critique du cinéma), Jean-Pierre Jeunet (réalisateur), et des textes des commissaires de l’exposition.​

Scénographie & Production audiovisuelle :
Saluces design, Jean-Paul Camargo et Xavier Bonillo
Clap 35, Jean-François Pioud-Bert et Valérie Bund.

(c) D.R

Montmartre, décor de cinéma : le parcours de l’exposition

Montmartre, décor de cinéma évoque, dans un parcours topographique et onirique, à la scénographie originale, les différents lieux de prédilection des tournages (le Sacré-Cœur, les escaliers, Barbès, la Place Pigalle, le Moulin Rouge, les ruelles étroites et escarpées de Montmartre, ainsi que ses intérieurs…). Elle met en lumière le traitement de ces lieux, de ce Montmartre devenu pour le monde entier, symbole du tout-Paris. Un ensemble de documents exceptionnels illustre le propos : nombreux extraits de films, évocations de décors, scénarii, dessins préparatoires, affiches originales ainsi qu’une sélection de dessins et de maquettes provenant de la collection de la Cinémathèque française, l’une des plus riche au monde.

Accompagné par le personnage de Marcel Aymé, le visiteur, audioguide en mains, revisite les différents lieux de tournage montmartrois ayant servi de décors à de très nombreux films. Depuis des lieux emblématiques bien sûr jusqu’aux ruelles plus sombres et moins connues de la Butte.

Le parcours de l’exposition s’ouvre sur le symbole de Montmartre, le Sacré-Cœur, évidemment, et son image mythique reprise notamment dans An American in Paris (V. Minelli), Les quatre-cents coups (F. Truffaut) et Everyone says I love you (W. Allen).
Puis voici comme une évidence, l’autre emblème de Montmartre cher aux cinéastes : les escaliers de la Butte avec leurs rampes métalliques ponctués de lampadaires, autant empruntés par les amoureux que par les voyous, qui figurent dans Juliette ou la clef des songes (M. Carné) ou C’était un rendez-vous (C. Lelouch). Ces escaliers nous mènent d’ailleurs presque jusqu’au métro Barbès, dont la station a été complètement reconstituée en studio pour Les Portes de la nuit de Marcel Carné, film exprimant bien le mal-être de l’après- guerre à Paris.

Plus loin sur les boulevards, au niveau de la station Blanche, trône le Moulin Rouge. Lieu emblématique de la fête et du plaisir, il a été un sujet incontournable pour des réalisateurs de tous horizons comme John Huston, Jean Renoir, Baz Luhrmann et Cédric Klapisch.
Le Montmartre de la fête, c’est aussi celui de Pigalle, parfois d’ailleurs lié à un Montmartre du crime et de la perdition. Il est invité dans des films plus noirs comme Bob le flambeur de Melville, M’sieur la Caille de A. Pergament, sans oublier la version contemporaine Pigalle de K. Dridi (1994).

Montmartre, c’est aussi ces artistes qui peuplent la Butte et se retrouvent souvent au cabaret. Les personnages d’Allo Berlin ? ici Paris ! de J. Duvivier (1932) entrent au Lapin Agile, le plus vieux cabaret de Montmartre, tandis que Maurice Utrillo lui-même, résidant au 12 rue Cortot pendant de nombreuses années, se retrouve dans Si Paris nous était conté de S. Guitry.

Les films muets Crainquebille de J.Feyder et Peau de pêche de J.B Levy et M. Epstein nous plongent dans une atmosphère plus populaire de Montmartre. Truffaut filme une scène sur l’avenue Junot dans Baisers volés. L’assassin y habite d’ailleurs au numéro 21 chez H. Clouzot. Au cimetière de Montmartre, le visiteur rencontrera encore Truffaut avec l’Amour en fuite et Jean-Paul Rouve avec les Souvenirs, tandis que La Science des rêves de Michel Gondry lui fera prendre de la hauteur et voler sur les toits d’un Montmartre imaginaire.

Aucun réalisateur n’a filmé Montmartre comme Jeunet l’a fait dans Le fabuleux destin d’Amélie Poulain qui clôt cette exposition. Il croque un paysage attachant, joyeux et mythique de Montmartre, celui qu’on aime à garder en mémoire.

INFORMATIONS PRATIQUES

MUSÉE DE MONTMARTRE
12, RUE CORTOT
75018 PARIS

www.museedemontmartre.fr

D’avril à septembre, le Musée est ouvert de 10h à 19h (dernière entrée à 18h15).

Le Musée est ouvert tous les jours, toute l’an­née, de 10h à 18h (dernière entrée à 17h15). Le 25 décembre et le 1er janvier, le Musée vous accueille de 11h30 à 18h.

Ouverture en nocturne le dernier jeudi de chaque mois et tous les jeudis de juillet et août.

Cliquez ICI pour plus de détails.

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LIENS

L’article sur l’exposition, avec diaporama, sur le site de CultureBox.

Celui sur le site Montmartre-Addict.

Sur le blog de « Le carnet de Myriam Thibault« .

Le reportage de France 3 sur l’exposition « Montmartre, décor de cinéma« .

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HISTORIQUE

Certainement le musée le plus charmant de Paris ! Il a été créé en 1960 dans la bâtisse la plus ancienne de la Butte, construite du XVIIe siècle : la Maison du Bel Air.
Lieu de rencontres et de résidence, le 12 rue Cortot attira de nombreux artistes. Auguste Renoir y eut son atelier tout comme Suzanne Valadon, Émile Bernard et les fauves Émile-Othon Friesz et Raoul Dufy.

Les collections

L’histoire de la Butte

Les collections permanentes sont abritées dans la Maison du Bel Air. Elles sont composées de peintures, affiches et dessins signés Toulouse-Lautrec, Modigliani, Kupka, Steinlen, Valadon, Utrillo… Le parcours de visite revient sur l’histoire de la Butte, l’effervescence artistique de ses ateliers, du Bateau-Lavoir à l’atelier Cortot, et l’ambiance de ses célèbres cabarets, du Lapin Agile au Moulin Rouge. Une salle est dédiée au French Cancan, une autre met en scène le théâtre d’ombres, ce décor onirique de plaques de zinc qui a fait la réputation du cabaret du Chat Noir.
Les collections ont été constituées par la Société d’Histoire et d’Archéologie « Le Vieux Montmartre ».

Plus d’informations : levieuxmontmartre.com

Les Jardins Renoir

La campagne à Paris

À deux pas de la place du Tertre, les trois Jardins Renoir entourent le Musée de Montmartre et dominent les vignes. Ils ont été nommés en souvenir d’Auguste Renoir, le peintre impressionniste qui vécut sur place entre 1875 et 1877 et y peignit plusieurs chefs-d’œuvre, comme le Bal du moulin de la Galette, La Balançoire ou le Jardin de la rue Cortot.

Les Jardins Renoir offrent une vue exceptionnelle sur les vignes du Clos Montmartre et, au-delà, la vaste plaine au nord de Paris.

 

 

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