Biographie de Marcel Carné


Marcel Carné – Une Biographie

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Biographie

Né à Paris le 18 août 1906 (il a longtemps refusé de l’admettre) , dans le quartier des Batignolles, Marcel Carné, est attiré très tôt par le monde fascinant du Music Hall et du Cinéma.
Après des études de photographie, grâce à Françoise Rosay, il débute au cinéma aux côtés de Jacques Feyder dont il devient l’assistant sur des films importants comme. « Le Grand Jeu » (1933) et « La Kermesse Héroique » (1935).

« je dois à peu près tout à Feyder. II m’a appris ce qu’est un film, depuis sa préparation jusqu’à la mise en scène proprement dite et aussi la direction des acteurs… La meilleure école de cinéma, c’est la pratique. »

A cette époque Carné commence également à travailler comme critique cinématographique pour « Ciné-Magazine ».

« J’avais le sentiment que ce travail de journaliste était négatif et surtout je voulais montrer ce que j’étais capable de faire. J’ai alors acheté une caméra, la pellicule et avec Michel Sanvoisin, nous sommes allés tous les dimanches d’été à Nogent-sur Marne. Pour faire en amateurs, ce qui allait être « Nogent, Eldorado du dimanche » (1929) « .

De 1930 à 1932 il réalise des films publicitaires sur des scénarios de Jean Aurenche et dans des décors de Paul Grimault. Sa première grande chance au cinéma lui est donnée par Feyder qui le recommande auprès du producteur pour mettre en scène « Jenny » (1936) dont Françoise Rosay était la vedette désignée. Bien que ce premier film soit une oeuvre de commande, il permet déjà de réunir au même générique les noms de Marcel Carné, Jacques Prévert, Joseph Kosma et celui du chef opérateur Roger Hubert.

Après ce premier long métrage, Carné et Prévert s’intéressent à un livre loufoque de l’écrivain anglais Storer Clouston : « His first Offence ». lls en tireront le sujet de « Drôle de Drame » (1937) dont le fameux « bizarre, bizarre… » murmuré par Louis Jouvet et repris en écho par Michel Simon est encore dans toutes les mémoires. Malheureusement le public ne suivit pas.

Heureusement, Carné eut plus de chance avec le film suivant « Quai des Brumes » (1938), qu’il adapta toujours avec Prévert, d’après un roman de Pierre Mac Orlan. A cette occasion, il fit preuve d’un indéniable flair en donnant sa chance à une jeune débutante, Michèle Morgan, qui allait former avec Jean Gabin un des couples mythiques du cinéma français d’avant-guerre. Encore une fois, une des répliques du film allait faire mouche à jamais grâce au célèbre : « T’as de beaux yeux, tu sais… » Cette fois l’accueil fut bon et ce film fit de Carné, alors âgé de trente deux ans, un des metteurs en scène les plus importants du cinéma français. Le cinéaste reçut à cette occasion une médaille spéciale au Festival de Venise.
La même année il réalise « Hôtel du Nord » d’après le roman d’Eugène Dabit, sur un scénario signé par Jean Aurenche et Henri Jeanson, et dialogué par ce dernier. C’est à cette occasion que Jeanson fit cadeau à Arletty de son inoubliable « Atmosphère ». L’un des intérêts de ce film, par ailleurs, est d’être une oeuvre de Carné sans la collaboration de Prévert. La preuve est ainsi faite que l’ambiance, le ton des oeuvres de Carné sont donnés avant tout par le metteur en scène lui-même.
L’année suivante, Jacques Viot lui propose un sujet dramatique destiné à Jean Gabin. Prévert travaille à l’adaptation et aux dialogues de ce qui sera « Le Jour se Lève » (1939). Sur des données très précises de Carné, Trauner réalise des décors superbes qui participent à l’ambiance tragique du film. « Le Jour se Lève » s’avère le type même d’oeuvre d’art où rien n’est laissé au hasard. Le film fut présenté avec succès à Paris, au cinéma « Madeleine », le 17 juin 1939, moins de trois mois avant la drôle de guerre.

Ensuite, Carné joue de malchance ; successivement cinq projets de films sont abandonnés : « Le Facteur Sonne Toujours Deux Fois » d’après le roman de James Cain, « L’Ecole Communale » sur un scénario d’Henri Jeanson et Pierre Prévert, « Les évadés de l’an 4000 » d’après le roman de Jacques Spitz, « Les bottes de Sept Lieues » sur un scénario de Marcel Aymé d’après sa nouvelle. Et le premier projet de « Juliette ou la clef des songes » avec Micheline Presle et Jean Marais, dans des décors de Christian Bérard. Sans compter deux autres projets avortés : « Nana » d’après le roman d’Emile Zola et « Milord l’Arsouille » avec Pierre Brasseur.

 » Mes plus beaux films sont peut être ceux que j’ai préparés sans pouvoir les tourner »

Il doit ainsi attendre trois ans pour retrouver sa caméra et tourner « Les Visiteurs du Soir« (1942) dans des conditions matérielles précaires dues à la guerre.

« Nous manquions de tout et les choses les plus difficiles à obtenir étaient justement celles dont nous avions le plus impérieux besoin. Pas de peinture laquée, par exemple, et le staff était fait de plâtre et d’herbe. Acteurs et figurants emportaient le dallage avec leurs semelles… Les figurants étaient si mal nourris qu’il fallut mettre un enduit purgatif sur les mets du banquet pour éviter le pillage. »

Cependant malgré ces conditions de tournage difficiles, ce film reçut un concert unanime de louanges dans la presse, y compris chez ceux pour qui la France avait perdu la guerre à cause de « Quai des Brumes ». Le film resta plus d’un an en exclusivité à Paris. Après, Carné s’attelle à ce qui demeure son chef d’oeuvre : Les Enfants Du Paradis.
L’idée prit naissance un jour à Nice où Jean-Louis Barrault racontait à Carné et Prévert un épisode dramatique de la vie du célèbre mime Debureau… De là, naquit une super-production en deux époques, d’abord intitulée « Les Funambules » et qui demeure le « monument du cinéma français », donnant à Arletty l’occasion d’interpréter le plus beau rôle de toute sa carrière.

Réaliser et réussir, coup sur coup, en pleine guerre mondiale, deux films aussi importants que les « Visiteurs du soir » et « Les Enfants du Paradis », était un tour de force qui avait son poids. De plus, parvenir à deux grands succès commerciaux, tout cela peut laisser supposer que Carné n’avait plus désormais qu’à lever le petit doigt pour trouver un producteur. Il n’en fut rien et la valse des projets recommença avant qu’il puisse tourner son nouveau film « Les Portes de la Nuit » (1946).
Oeuvre d’une constante beauté formelle, et à la mise en scène parfaite qui connut toutefois un échec public. Echec dû, selon Carné, au remplacement, au dernier moment des deux interprètes principaux : Jean Gabin et Marlène Dietrich par Yves Montand et Nathalie Nattier. Après le succès du « Les Enfants du Paradis » Carné avait marqué le pas.
Après l’échec des « Portes de la Nuit », il retomba dans les projets sans suite : « La Fleur de l’Age » (film inachevé par suite de désaccord entre des coproducteurs, pour raisons financières), « Candide » d’après le conte de Voltaire, « Le Château » d’après l’oeuvre de Kafka, « Le Barrage » sur un scénario de j.Sigurd et C. Zavattini, « L’espace d’un Matin » d’après la pièce de Jean Anouilh.

Enfin il parvient à tourner « La Marie du Port » en 1949. Ce film marque les retrouvailles avec Gabin qui interprète le rôle principal. Réalisé dans des délais très brefs, avec le minimum de risques financiers et le maximum de perfection technique, ce film apparaît cependant comme une oeuvre mineure dans la carrière de Carné.
Le film suivant « Juliette ou la clé des songes » (1951) est un film extrêmement important pour Carné et le cinéma français. L’échec commercial fut total, mais la réussite artistique fut indiscutable. L’échec de « Juliette ou la clé des songes » força Carné à renoncer à un grand projet : « La Reine Margot« .

Comme « La Marie du Port », « Thérèse Raquin » (1953) naquit d’abord d’un souci de production économique. Elle lui permit de donner un premier rôle à son acteur fétiche Roland Lesaffre. Avec ce film, Carné abandonne ce réalisme poétique ou plutôt ce fantastique social dans lequel il fut inégalable pour faire du naturalisme. Son superbe travail reçoit le Lion d’Argent à la Biennale de Venise. Après « Thérèse Raquin », Cino del Duca, le magnat italien de la presse du coeur, propose de lui produire un film. Ce sera « L’Air de Paris » (1954) avec Gabin, Lesaffre et Arletty. Pour son rôle, Gabin reçoit la Coupe Volpi (Prix d’Interprétation) au Festival de Venise. L’échec relatif de ce film vaut à Carné deux ans d’inaction. Il n’en sort que pour une oeuvre de commande, mineure : « Le Pays d’où Je Viens » (1956).
Enfin en 1958, avec « Les Tricheurs« , Carné renoue avec le succès ; l’un des films les plus importants d’après-guerre, ne serait-ce que par son retentissement et ses recettes. En 1960, il tourne « Terrain Vague » d’après un livre de l’auteur américain Hall Helson. Cette fois, Carné se montre moins chanceux dans le choix de ses interprètes.

« J’ai sans doute été moins heureux dans le choix de mes interprètes que pour « Les Tricheurs » mais il reste des scènes que je suis fier d’avoir tournées. »

De nouveau il tente de faire aboutir plusieurs projets dont « Germinal » et « Vautrin » d’après Balzac avec Jack Palance. Pour en arriver à « Du Mouron pour les Petits Oiseaux » (1962), une comédie tirée d’un roman d’Albert Simonin qui lui vaut une volée de bois vert de la part des critiques, et l’intérêt du public. Suivent encore un certain nombre de projets abandonnés dont « Le temps d’un Amour » d’après « La Dame aux Camélias ».
En 1965, il filme aux Etats Unis « Trois Chambres a Manhattan » d’après un roman de Simenon avec Maurice Ronet et Annie Girardot qui obtient le Grand Prix d’Interprétation au Festival de Venise. Deux ans plus tard, ce sont « Les Jeunes Loups » puis en 1970 il renoue avec le succès en réalisant « Les Assassins de l’Ordre » avec Jacques Brel dans le rôle principal. Ce film reçoit la Palme d’Argent et le Prix de la Critique au Festival de Moscou. Carné attendra encore quatre ans pour tourner « La Merveilleuse Visite » (1974), film qui bénéficia d’une mauvaise distribution en salle, mais qui reçut toutefois le Prix du Film Fantastique à Hollywood. Malheureusement depuis, les producteurs ont boudé ce géant du cinéma qui a dû se contenter de réaliser quelques films d’inspiration documentaire (« La Bible »).
En 1993, un nouveau projet de long métrage « Mouche » a avorté après quelques jours de tournage. Pourtant on peut rêver encore… A quand un nouveau film, Monsieur Carné ? Car…
« Carné croit aux rêves. Dans sa camera, il met des rêves, encore des rêves, toujours des rêves. Mais, malin comme un singe, il se rappelle que les rêves sont les racines de la réalité. »
(Didier Decoin)

Marcel Carné est mort le 31 octobre 1996 à Clamart. Il repose au cimetière Saint Vincent à Montmartre à Paris.

Cette biographie est tiré du catalogue de l’Exposition Marcel Carné du 15 janvier au 30 avril 1994 – Musée de Montmartre

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Ces repères biographiques sont empruntés à l’édition définitive des mémoires de Marcel Carné paru aux Editions de l’Archipel en 1996 sous le titre de « Ma Vie A Belles Dents »

REPERES BIOGRAPHIQUES RECENTS (ANNEES 70 A 90)

1973 – Marcel Carné se voit remettre la Plaquette d’or de la Biennale de Venise, en même temps que John Ford et Ingmar Bergman.
1975 – Marcel Carné devient officier de la Légion d’honneur.
1978 – Grand officier de l’ordre national du Mérite.
1979 – Lors de la cérémonie des Césars, les membres de la profession désignent « les dix chefs-d’oeuvre du cinéma français, de 1929 à 1979 ».
1.Les Enfants du paradis, M. Carné
2.La Grande Illusion, J: Renoir
3.Casque d’Or, J. Becker
4.La Règle du jeu, J. Renoir
5.La Kermesse héroique, J. Feyder
6.Pierrot le fou, J.-L. Godard
7.Hiroshima mon amour, A. Resnais
8.Jeux interdits, R. Clément
9.Le Quai des brumes, M. Carné
10.Le Salaire de la peur, H.-G. Clouzot
Septembre : Ouverture des salles Marcel Carné, musée permanent consacré au cinéaste, The French Library, Boston (Mass. Etats-Unis).
1980 – Les Césars attribuent cette fois un César d’honneur à Marcel Carné.
14 mai : Carné est élu à l’Académie des Beaux-Arts (Institut de France).
1981 – 29 avril : Marcel Carné inaugure officiellement le musée de Boston portant son nom.
1982 – 18 septembre : le nom de Marcel Carné est donné à une place de Saint-Michel-sur-Orge, dans la banlieue parisienne.
1983 – 5 octobre : Le British Film Institute fête ses cinquante ans et honore six metteurs en scène : Orson Welles, David Lean, Satyajit Ray, Michael Powell, Emeric Pressburger et Marcel Carné. Quatre d’entre eux sont présents : Welles, Powell, Pressburger et Carné.
1984 – 14 avril : À Romilly-sur-Seine, ouverture d’un complexe cinématographique de deux salles,
l’une baptisée « Marcel Carné », l’autre « François Truffaut », en présence des deux metteurs en scène.
Juin : Soirée de gala aux studios de La Victorine, à Nice, pour les quarante ans des Enfants du paradis.
1985 – 22 octobre : Commandeur de la Légion d’honneur. C’est François Mitterrand qui décore le cinéaste.
1986 – Août : France-Culture célèbre les quatre-vingts ans de Marcel Carné par cinq émissions d’une heure qui lui sont consacrées. Grand Croix de l’ordre national du Mérite. Médaille de vermeil de la ville de Paris.
1989 – Praemium impérial (Japon).
1993 – Prix Donatello (Italie).
Paris : Au Zénith, les professionnels du cinéma désignent Les Enfants du Paradis meilleur film français de tous les temps.
1995 – Prix du Siècle Laurent-Perrier.
Janvier : Exposition au musée de Montmartre.
Décembre : L’Académie européenne de Bruxelles désigne les trois meilleurs films de l’histoire du cinéma mondial : Les Enfants du paradis, La Ruée vers l’or et Citizen Kane.
14 décembre : Ouverture de l’exposition au Film Museum de Potsdam (jusqu’au 14 février 1996).
1996 – 1″ janvier : Grand officier de la Légion d’honneur.

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Biography

You could find a good biography in english on the ALL MOVIE website written by Sandra Brennan (but the date of birth is wrong. i.e 1906 instead of 1909)

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Marcel CarnéUna Biografía

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Muchas Gracias.

Nacido en París el 18 de agosto de 1906, en el barrio del Batignolles, Marcel Carné es atraído muy pronto por el mundo fascinante del Music Hall y el Cine. Después de estudios de fotografía, gracias a Françoise Rosay, comienza en el cine al lados de Jacques Feyder, del que se convierte en ayudante en películas importantes como  » Le Grand Jeu  » (1933) y  » La Kermesse Héroique  » (1935).
« Debo mucho a Feyder. El me enseñó lo que es una película, desde su preparación hasta la puesta en escena propiamente dicha y también la dirección de los protagonistas… La mejor escuela de cine es la práctica. » Al mismo tiempo, Carné empieza también a trabajar como crítico cinematográfico para « Ciné-Magazine ». « Tenía el sentimiento que este trabajo de periodista me influía negativamente y sobre todo quería mostrar lo que era capaz de hacer. Entonces compré una cámara, la película y con Michel Sanvoisin, fuimos todos los domingos de verano a Nogent-sur Marne. Para hacer como aficionados lo que sería « Nogent, Eldorado du dimanche » (1929) » . De 1930 a 1932 realiza películas publicitarias sobre situaciones de Jean Aurenche y en decorados de Paul Grimault.
Incorporado a partir de 1935 a la nueva escuela naturalista del cine galo, forma con Feyder, Jean Renoir y Julien Duvivier el grupo de los «cuatro grandes» del periodo de entreguerras. Su primera gran oportunidad en el cine se la da Feyder que le recomienda al productor para dirigir « Jenny » (1936) con Françoise Rosay como estrella principal. Aunque sea esta primera película una obra de encargo, ya se reúnen en la misma los nombres de Marcel Carné, Jacques Prévert, Joseph Kosma y del operador jefe Roger Hubert. Tras esta primera película, Carné y Prévert se interesan por un libro del escritor inglés Storer Clouston: « His first Offence« . De ahí extraerán el tema de « Drôle de Drame » (1937) incluido el famoso « bizarre, bizarre…« , que murmurado por Louis Jouvet y recogido en eco por Michel Simon permanece aún en todas las memorias. Desgraciadamente, no tuvo éxito de público.
Afortunadamente, Carné tuvo mejor suerte con la película siguiente « Le quai des brumes » (1938), que adaptó una vez más con Prévert, según una novela de Pedro Mac Orlan. En esta ocasión, demostró un innegable olfato dando su oportunidad a una joven actriz que empezaba, Michèle Morgan, quien iba a formar junto con Jean Gabin uno de las parejas míticas del cine francés de anteguerra. Otra vez, una de las frases de la película iba a hacerse célebre: « T’as de beaux yeux, tu sais?… » Esta vez fue muy bien recibida por el público e hizo de Carné, entonces con veintinueve años, uno de los directores más importantes del cine francés. El cineasta recibió con este motivo una medalla especial en el Festival de Venecia.
El mismo año realiza « Hôtel du Nord » según la novela de Eugène Dabit, sobre una adaptación de Jean Aurenche y Henri Jeanson, según el guión de este último. Es en esta ocasión que Jeanson regaló a Arletty su inolvidable « Atmosphère« . Una cosa interesante de esta película, por otra parte, es ser una obra de Carné sin la colaboración de Prévert. Lo prueba el ambiente, el tono de la obra identificado con el estilo Carné.
El año siguiente, Jacques Viot le propone un tema dramático destinado a Jean Gabin. Prévert trabaja en la adaptación y en los diálogos de lo que será « Le Jour se Lève » (1939). Siguiendo instrucciones de Carné, Trauner realiza decorados magníficos que participan en el ambiente trágico de la película.  » Le Jour se Lève  » resulta el tipo de obra de arte donde no se deja nada al azar. La película se presentó con éxito en París, en el cine « Madeleine », el 17 de junio de 1939, menos de tres meses antes del estallido de la guerra.
A partir de ese momento, Carné pasa por una mala racha; sucesivamente se abandonan cinco proyectos de películas:  » Le Facteur Sonne Toujours Deux Fois  » según la novela de James Cain,  » L’Ecole Communale  » según una puesta en escena de Henri Jeanson y Pedro Prévert,  » Les évadés de l’an 4000  » según la novela de Jacques Spitz,  » Les bottes de Sept Lieues  » según una adaptación de Marcel Aymé a su propia novela. Y el primer proyecto de  » Juliette ou la clef des songes  » con Micheline Presle y Jean Marais, con decorados de Christian Bérard. Sin contar con dos otros dos proyectos abortados: « Nana » según la novela de Emile Zola y « Milord l’Arsouille » con Pierre Brasseur.

« Mis mejores películas son quizás las que preparé sin poder realizarlas »

Debe así esperar tres años para retomar la cámara y rodar  » Les Visiteurs du Soir  » (1942) en unas condiciones precarias debidas a la guerra. « Carecíamos de todo y las cosas más difíciles de obtener eran precisamente las que más necesitábamos. No había pintura esmaltada, por ejemplo, y el plató se hacía de barro y paja. Protagonistas y figurantes se llevaban el suelo con sus pisadas… Se pasaba tanta hambre que fue necesario proteger los alimentos del banquete para evitar el saqueo« . Sin embargo, a pesar de estas difíciles condiciones de rodaje, esta película recibió alabanzas unánimes en la prensa, los mismo periódicos que decían que Francia había perdido la guerra a causa de « Le quai des brumes« . La película permaneció más de un año en cartel en París. Después, Carné se dedicó a lo que posiblemente sea su obra maestra: « Les Enfants Du Paradis« .
La idea nació un día en Niza cuando Jean-Louis Barrault comentaba a Carné y Prévert un episodio dramático de la vida del famoso mimo Debureau… De allí, nació una superproducción en dos tiempos, titulada inicialmente  » Les Funambules  » y que se convertiría en el « monumento del cine francés », dando a Arletty la ocasión de interpretar el mejor papel de toda su carrera. Realizar y llevar a buen puerto, paso a paso, en plena Guerra Mundial, dos películas tan importantes como  » Les Visiteurs du Soir  » y «  Les Enfants Du Paradis « , fue un esfuerzo que merece el mayor de los méritos.
Además, alcanzar dos grandes éxitos comerciales, podría suponer que Carné no tenía más que levantar el dedo para encontrar un productor. No fue así, y el baile de proyectos continuó hasta hacer su nueva película  » Les Portes de la Nuit  » (1946). Obra de una belleza formal y una dirección perfecta que conoció no obstante un fracaso de público. Fracaso debido, según Carné, a la sustitución, en el último momento de los dos intérpretes principales: Jean Gabin y Marlène Dietrich por Yves Montand y Nathalie Nattier. Después del éxito de  » Les Enfants Du Paradis  » Carné había puesto el listón muy alto.
Después del fracaso de las  » Portes de la Nuit « , realizó proyectos sin importancia:  » La Fleur de l’Age  » (película inacabada debido a desacuerdos entre coproductores por razones financieras),  » Candide  » según el cuento de Voltaire,  » Le Château  » según la obra de Kafka,  » Le Barrage  » según un proyecto de J.Sigurd y C. Zavattini,  » L’espace d’un Matin  » según la obra de Jean Anouilh. Finalmente puede terminar  » La Marie du Port  » en 1949. Esta película supone el reencuentro con Gabin, que interpreta el papel principal. Realizado en plazos muy breves, con el mínimo de riesgos financieros y el máximo de perfección técnica, esta película aparece sin embargo como una obra menor en la carrera de Carné.
La película siguiente  » Juliette ou la clé des songes  » (1951) es una película extremadamente importante para Carné y el cine francés. El fracaso comercial fue total, pero el éxito artístico fue incuestionable. El fracaso de  » Juliette ou la clé des songes  » forzó a Carné a renunciar a un gran proyecto: « La Reina Margot« . Como en  » La Marie du Port « , « Thérèse Raquin » (1953) fue concebida como una preocupación de índole económica. Le permitió dar un primer papel a su protagonista fetiche Roland Lesaffre. Con esta película, Carné abandona este realismo poético en el cual fue inigualable. Su magnífico trabajo recibe al León de Plata en la Bienal de Venecia. Después de « Thérèse Raquin« , Cino del Duca, el magnate italiano de la prensa del corazón, propone producirle una película. Será « L’Air de París » (1954) con Gabin, Lesaffre y Arletty. Por su papel, Gabin recibe el Colpe Volpi (Precio de Interpretación) en el Festival de Venecia. El fracaso relativo de esta película le vale a Carné dos años de paro. Solo sale para un encargo menor:  » Le Pays d’où Je Viens  » (1956).
Finalmente en 1958, con  » Les Tricheurs « , Carné vuelve a encontrarse con el éxito; una de las películas más importantes de posguerra, aunque solo sea su repercusión y sus ingresos.
A partir de entonces, sus películas no alcanzan el brillo de sus obras anteriores. Destacar tan solo dos: en 1965, rueda en los Estados Unidos  » Trois Chambres a Manhattan  » según una novela de Simenon con Maurice Ronet y Annie Girardot, quien obtendrá el Gran Precio de Interpretación en el Festival de Venecia. En 1970 vuelve a encontrar el éxito dirigiendo  » Les Assassins de l’Ordre  » con Jacques Brel en el papel principal. Esta película recibe la Palma de Plata y el Precio de la Crítica en el Festival de Moscú. Otras producciones suyas fueron: « Terrain vague » (1960), « Du mouron pour les petits oiseaux » (1962), « Trois chambres à Manhattan » (1965), « Les jeunes loups » (1967), « Les assassins de l’ordre » (1970) y « La merveilleuse visite » (1973).
Miembro de la Academia de Bellas Artes Francesa (1979).
« Carné cree en los sueños. En su cámara, pone sueños, sólo sueños, siempre sueños. Pero, astuto como nadie, recuerda que los sueños son las raíces de la realidad. » » (Didier Decoin)

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2 Commentaires

  1. thierry
    Publié le 13 octobre 2015 à 21 h 30 min | Permalien

    Qu’est devenu Alban Barreau, le fils adoptif de Marcel Carné ?

  2. philippe m.
    Publié le 14 octobre 2015 à 11 h 32 min | Permalien

    Bonjour Thierry
    Il doit se faire discret vu qu’il n’avait aucun papier légal pour se réclamer de « fils adoptif » de Marcel Carné et vu la plainte (ou la réclamation) déposée contre lui par l’ayant-droit de Marcel Carné pour cette sorte « d’usurpation d’identité » auprès de la Mairie de Paris. Mais je n’en sais pas beaucoup plus n’étant pas concerné par cette affaire. Cordialement.

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