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NOGENT, ELDORADO DU DIMANCHE (1929)

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En 1929, Marcel Carné avait 23 ans. Il avait déjà été assistant de Jacques Feyder, son mentor, sur le tournage des Nouveaux Messieurs (1928). Puis Feyder partit à Hollywood où il tourna notamment le fameux The Kiss avec Greta Garbo. Quant à Carné, il dut se résigner à partir en Allemagne en Rhénanie faire son service militaire, ce qui lui permit grâce à un petit cinéma du coin de voir tous les grands films expressionnistes allemands, qui eurent une grande influence sur son style, de son propre aveu. De retour en France, il se retrouva assistant sur Cagliostro, un film de Richard Oswald dont il ne garde pas un souvenir impérissable puis écrivit des critiques de films dans diverses revues dont Cinémagazine.

Mais, lassé de « parler du travail d’autrui », Carné voulut savoir de quoi il était capable et avec l’aide d’un ami comédien Michel Sanvoisin, il acheta une petite caméra portative (qui ne permettait de filmer que 20 secondes à la fois) pour 4 000 francs de l’époque. Et en plusieurs dimanches, il tourna en plans courts ce phénomène social des guinguettes qui vit des milliers de Parisiens chaque dimanche quitter la capitale pour aller guincher sur les bords de la Marne, un phénomène social que Carné trouvait « très beau et très touchant ».

Puis Nogent fut projeté deux mois durant au Studio des Ursulines à Paris en compagnie d’un documentaire de Jean Painlevé, du Mystère du château de Dé de Man Ray et du film américain Après la rafle, où il fut remarqué notamment par René Clair qui l’embaucha pour son premier film parlant Sous les toits de Paris.
Nogent fut longtemps considéré comme perdu avant d’être redécouvert par L’Avant-Scène Cinéma en 1968. Une partition musicale de Bernard Gérard fut ajoutée contre l’avis de Carné et c’est cette copie dont vous pouvez découvrir plus d’une cinquantaine d’images par le lien disponible via notre menu ci-dessus.

FICHE TECHNIQUE

Court métrage réalisé avec la collaboration de Michel Sanvoisin.
Durée : 17 minutes.
Sortie : mars 1929, Studio des Ursulines, repris au Vieux-Colombier au cours des années 30.
réédité en complément de La vie est à nous de Jean Renoir en novembre 1969.
Pour cette réédition, musique de Bernard Gérard (envers laquelle Marcel Carné a exprimé son désaccord).

SYNOPSIS

C’est un dimanche comme on n’en fait plus, à Nogent, sur les bords de la Marne. Ce qu’a vu un Marcel Carné de 20 ans, tout seul, sa caméra à la main, est un jaillissement de lumière et d’ombre, de foules ensoleillées, d’eaux accueillantes, de peupliers tranquilles, de baigneurs musculeux et sans chagrins, la fête de l’homme et de la femme. Un beau dimanche populaire d’avant la grande crise économique (1929), d’avant la guerre, d’avant la destruction des rivages de la Marne par la voiture, la construction, la pollution.

Les voilà tous en route vers les lieux sacrés de la tribu, les « bords » mythiques de la Marne. Ils sont presque tous en costume sombre sous le canotier clair. Les femmes, moins nombreuses que les hommes, portent des chapeaux cloches, des « renards », malgré la chaleur, des jupes très courtes, des bas très noirs ou très blancs. Bientôt, du grouillement lumineux se détachent des silhouettes, les corps, les visages de quelques individus. Un éblouissant rameur de skiff, ange élégant et musclé. Un militaire allongé, écrasé de sommeil, guerrier de la guerre de Cent Ans, avec ses bandes molletières, sans visage, mais exhibant tous les clous réglementaires de ses formidables brodequins. Ou encore c’est la courbe épaisse et douce d’un gamin bien charnu qui pêche, couché sur le ventre. Et c’est encore l’éclair comique, à bout portant, de deux fesses qui s’envolent en haut d’un plongeoir.

Ce synopsis vient du fameux site très fourni du ciné-club de Caen disponible ici.

REVUE DE PRESSE

L’ACTION FRANÇAISE, (Claude Jeantet)
Voilà une image du journalisme dans quelques années. Au lieu de chercher midi à quatorze heures, les jeunes cinéastes devraient s’incliner devant cette bande qui semble faite de rien parce que son sujet est simplement une journée de la vie courante. Mais, au fait, avaient-ils compris l’an dernier la leçon de Solitude ? Solitude, dont chacun admira l’humble perfection, était pour le film romanesque ce que Nogent sera pour le documentaire et pour l’essai cinématographique.

LES NOUVELLES LITTÉRAIRES, (Alexandre Arnoux)
Je signale, dans la première partie du spectacle des Ursulines, un très bon documentaire de Marcel Carné Nogent, eldorado du dimanche. Ce reportage de la banlieue séduit par sa fraîcheur et son esprit, par la variété des prises de vues et un sens certain de l’humour et de l’atmosphère. Voici un débutant qui possède à coup sûr des dons. J’espère qu’on saura lui fournir le moyen de travailler.

LE PETIT DAUPHINOIS, (Pierre Rambaud)
Pas de sujet, pas d’acteurs ; la vie dans toute sa fraîcheur, une suite de détails charmants, instantanés. Un train, du canotage, des balançoires et une jeune fille solitaire, cueillant des fleurs et cheminant sur la route du retour…

LE PETIT JOURNAL, (René Jeanne)
Nogent… nous mêle de la façon la plus intelligente et la plus sensible à la foule parisienne passant ses beaux dimanches sur les bords de la Marne.

LE PETIT NIÇOIS, (Maurice Bessy)
Les idées heureuses pullulent et, au contraire de ce qu’on pouvait attendre de cette oeuvre de débutant, elles ont été habilement choisies et groupées… Le début surtout est remarquable par son rythme et ses trouvailles ; on y retrouve même quelques réminiscences de Trois dans un sous-sol, le fameux film soviétique…

 

COMMENTS (english)

In Jean Queval. Marcel Carné. New index series n°2 – BFI. November 1950.

This was an amateur venture at making an atmospheric silent film, dealing with the simple pleasures of simple people on a Sunday afternoon, near Paris, along the River Marne.
It showed couples dancing to accordion music, soldiers in the fields, and a little working-class girl, lonely in her bare bedroom. There was not much of a story, and the photography as well as the montage was clumsy. But a sincere feeling for the people he was portraying and an obvious pictorial instinct gave this trifle distinction. It also represented a breakaway from the more elaborate avant-garde manner of the time.
Nogent, eldorado du dimanche was first released in the Paris cinema which had supported good films for many years : the Studio des Ursulines. It was also shown by another fashionable cinema, the Vieux-Colombier. Carné shot his film with the help of Michel Sanvoisin, a clockmaker of some note in the amateur cinema world : Sanvoisin provided him with camera and film, and also took part in the shooting. (He had been, incidentally, an unsuccessful entrant in the Cinémagazine competition.) The film plays in Carné‘s career a part not unlike Partie de campagne in Renoir‘s, except, of course, that it is Carné‘s first attempt and he was not inspired by a father’s pictorial genius.

DVD/VHS

LCJ Éditions a sorti le 11 octobre en DVD Nogent, eldorado du dimanche qui figure en bonus de l’édition DVD d’un autre documentaire tout aussi introuvable de Marcel Carné : La Bible (1977). Disponible sur le site de LCJ Éditions ici.

Voir nos captures écrans ici.

EXTRAIT (Youtube)

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Un Commentaire

  1. Bob
    Publié le 31 janvier 2011 à 5 h 10 min | Permalien

    Est-ce que j’ai une geule d’atmosphere?

One Trackback

  1. By Spirit of the underground: Film | brillfilms on 6 mars 2011 at 15 h 12 min

    [...] you to watch fascinating items on streaming video like Marcel Carné’s 20-minute documentary Nogent, Eldorado du Dimanche (1929) – which certainly isn’t available on DVD. The site’s existence was whispered [...]

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