LES ENFANTS DU PARADIS (1945)
L'édition double DVD de PATHE sorti le 15 novembre 2006


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1 - Les Caractéristiques du DVD :

Dvd1 = 97 mn (1° époque)
Dvd2 = 85 mn (2°époque)
Zone 2 - 2 DVD 9 - Pal
Format cinéma : 4/3 (format original 1.33)
Son remasterisé : Français Dolby Digital 5.1 + Français Dolby Stéréo 2.0
Sous-titres : français pour sourds et malentendants
Digipack



2 - Analyse du Film

Marcel Carné a 37 ans et six films à son actif, dont cinq sont considérés comme des classiques, lorsqu’il débute le tournage des Enfants du Paradis. Il vient de réaliser Les Visiteurs du Soir qui fut l'un des plus grands succès du cinéma français durant la deuxième guerre mondiale. Ayant signé pour trois films avec le producteur André Paulvé, il envisage tout d'abord de tourner Nana de Zola, puis la vie de Milord L'Arsouille (tourné en 1956 par André Haguet) et enfin La Lanterne Magique avant de rencontrer par hasard Jean-Louis Barrault à Nice, qu’il avait dirigé par deux fois dans Jenny (1936) et Drôle de Drame 1937). Barrault lui parle d'un célèbre mime du 19°siècle, Jean Baptiste Gaspard Debureau, qui avait donné un coup de jeune à l'art de la pantomime au théâtre des Funambules, l'une des salles de spectacles les plus connues du boulevard du temple à Paris (boulevard qui fut défiguré par la construction de la place de la république au milieu du 19°siècle par le baron Haussmann). Debureau passa à la postérité lorsqu'il tua un ivrogne qui l'importunait. Lors de son procès, tout Paris se précipita pour l'entendre enfin parler. Barrault se souvient qu'il avait ressenti la même excitation pour le premier film parlant de Charlie Chaplin quelques années auparavant. Naît alors l'idée d'un film qui confronterait le théâtre parlé et le mime, et où le célèbre comédien de l'époque Frédérick Lemaître (loué par Victor Hugo ou bien Alfred de Vigny) aurait un rôle à jouer. Jacques Prévert, n’aimant pas la pantomime, est plus réticent. Il accepte néanmoins l’idée lorsqu’il se rend compte que c’est l’occasion de mettre en scène cet autre personnage historique qu’est Pierre-François Lacenaire, dit "le dandy du crime", figure criminelle qui le fascine. En effet, comme le rappelle Carole Aurouet sur l'un des bonus du dvd, Prévert aurait dit : « On ne me permettra pas de faire un film sur Lacenaire mais je peux mettre Lacenaire dans un film sur Debureau ».



Une fois décidé, l'équipe de Carné se met au travail au prieuré de Valette près de Tourrette sur loup (dans le midi) alors que la France est totalement occupée par les Nazis. Jacques Prévert écrit le scénario, Alexandre Trauner esquisse les décors que Léon Barsacq accepte de signer (Trauner était juif) tandis que Joseph Kosma est appelé pour composer une musique, signée et développée par Maurice Thiriet (pour les mêmes raisons). Pendant ce temps, Carné supervise le tout et revient régulièrement de Paris avec des montagnes de documentations empruntés, entre autre, au musée Carnavalet. Les Enfants du Paradis est dès le début de l'écriture une aventure collective, peut-être plus encore que pour d’autres films de Carné, une des explications d’une telle réussite.

Très vite l’idée d’une distribution exceptionnelle est lancée, facilitée par le succès des Visiteurs du Soir. Outre Jean-Louis Barrault (qui a failli être remplacé pour une question d'emploi du temps par un inconnu à l'époque nommé Jacques Tati que Carné avait repéré dans un music-hall) pour le rôle de Baptiste Debureau, on retrouve dans le rôle de Frédérick Lemaître, Pierre Brasseur, l'ancien copain d'enfance des Batignolles de Carné déjà aperçu dans Le Quai des Brumes. Marcel Herrand, qui vient de jouer dans Les Visiteurs du Soir, sera Lacenaire. Maria Casares, qui faisait partie de la troupe de théâtre de Marcel Herrand au théâtre des Mathurins, trouve ici pour son premier rôle à l'écran avec le personnage de Nathalie. Au générique également Pierre Renoir, le frère aîné de Jean Renoir, qui joue Jericho et remplace au pied levé Robert Le Vigan qui doit abandonner le tournage suite à la débâcle Vichyssoise (ce collaborateur et antisémite notoire doit fuir avec Céline rejoindre le maréchal Pétain à Sigmaringen en Allemagne). On note dans les seconds rôles Étienne Ducroux, ancien professeur de mime de Barrault avec qui celui-ci s'était brouillé, élément biographique exploité dans le film par Prévert, Ducroux jouant Anselme Debureau, le père désespéré de Barrault-Baptiste ; Fabien Loris, ami de Prévert depuis le groupe Octobre, qui joue Avril (il était également le premier mari de la dernière femme de Prévert, Janine) ; Jane (ou Jeanne) Marken, l'une des seconds rôles les plus régulières de Carné, qui joue dans tous les films du réalisateur, d'Hôtel du Nord à La Marie du Port (seule exception, Le Jour se Lève) ; Et le meilleur pour la fin, Arletty l'actrice préférée de Carné et de Prévert qui joua dans cinq des plus grands films du cinéaste. Prévert invente le personnage de Garance pour elle et lui offre ainsi le plus beau rôle de sa carrière comme le confie Arletty sur l'un des bonus du dvd.



Le tournage débute au milieu de l'été 1943 à Nice, aux studios de la Victorine dont le producteur Paulvé était copropriétaire. On imagine aisément la difficulté de tourner en pleine occupation une fresque comme celle-ci, qui nécessite une débauche d'énergie et de courage sans pareil. Margot Capelier, l'assistante de Prévert sur l'écriture, raconte : « ce film a été un miracle, on manquait de tout...il y a eu un ensemble d'énergies motivées autour des Enfants du Paradis en réaction aussi contre l'ambiance de ce temps là ». Elle raconte le perfectionnisme enragé de Carné sur ce tournage. Les frasques du metteur en scène sont célèbres. Ayant les moyens de ses ambitions, Carné demande le maximum de ses comédiens, véritable tyran avec Maria Casares par exemple. Marcel Herrand confie pour sa part que son plus mauvais souvenir de cinéma était « Marcel Carné sur Les Enfants du Paradis ! ». Mais les collaborateurs de Carné ne sont pas en reste. On raconte qu'il s'étonna lors d'une scène que les musiciens fassent semblant de jouer (ils sont simples figurants) et qu'il provoque un scandale pour qu'on aille trouver de vrais musiciens pour un plan dont au final on ne verra que le chef d'orchestre ! Léon Barsacq : « Carné est charmant mais complètement hypnotisé par son film, rien d'autre ne compte pour lui et c'est tout juste s'il ne trouve pas que les gens continuent à faire la guerre spécialement pour l'emmerder ! ».

Bien sur il a été de bon ton de critiquer Carné pour cette ambiance de tournage, tout comme le coût d’un tel film(« je dépense donc je suis » dira Henri Jeanson), mais quand on voit le résultat éblouissant à l'image, on ne peut s'empêcher de penser que Carné avait sans doute raison. La pression qu'il se mettait sur ses épaules, il devait la rejeter sur les autres, d'autant plus que Carné a toujours été complexé par sa petite taille. On ne peut pas réaliser un tel chef d'oeuvre en temps de guerre sans demander le maximum, et plus, à tout le monde. Que l'on s'imagine : les matériaux de construction sont rares, la pellicule est rationnée, l'électricité intermittente sans compter tous les problèmes lié à un tournage qui s'étale sur plus d'un an. Celui-ci, à peine entamé, est arrêté trois mois à cause du débarquement Allié en Sicile. A ce moment là les autorités allemandes interdisent au producteur Paulvé d'exercer son métier (à cause d'un lointain ancêtre juif) et le film manque d'être interrompu avant que Pathé n’accepte de le reprendre. Le décor du boulevard du temple est gravement endommagé par une tempête, ce qui entraîne des dépenses supplémentaires (un million de francs alors que l'interruption en avait coûté dix sur un budget total de cinquante-huit millions de francs...en pleine guerre!). Le film se poursuit durant quelques semaines au printemps 1944 à Paris au studio Pathé, rue Francoeur, puis à ceux de Joinville. Durant ces prises le directeur de la photo, Roger Hubert (qui pour Carné a fait les lumières remarquées de Jenny, Les Visiteurs du Soir et Thérèse Raquin) est pris sur un autre film (de Serge de Poligny). Un autre grand directeur de la photo le remplace, Philippe Agostini, qui s'était déjà occupé de la photographie du Jour se Lève. Il confie qu'il a du étudier attentivement le style d'Hubert car « raccorder posait des problèmes. Il travaillait avec peu de lumière, en prenant des risques, dans une manière plus proche de Schüfftan (Quai des Brumes. ndr) que la mienne...Je crois être parvenu à une bonne imitation ». Agostini tourne notamment la scène de la loge avec Brasseur et Arletty, lorsqu'elle revient admirer Baptiste en cachette, ainsi que la scène finale de la roulotte lorsque Arletty s’éloigne. Mais malheureusement pour lui, son nom ne sera jamais au générique des Enfants du Paradis. Oubli qui ne l'empêchera pas d'éclairer par la suite pour Carné Les Portes de La Nuit et Le Pays d'où Je Viens.



Le film achevé, Carné fait tout pour qu'il soit le premier à sortir à la libération. Comme l'écrit Edward Turk « le film aura été un contrepoison patriotique à la défaite militaire ». Georges Sadoul pour sa part explique notamment que Les Enfants du Paradis « représentait en 1943-1944 un acte de foi prodigieux, une cathédrale élevée à la gloire de l'art français à l'heure la plus terrible ». Carné doit se battre avec les producteurs pour que son film soit projeté en intégralité dans deux salles en exclusivité (le Madeleine et le Colisée) au lieu d'une seule et avec un entracte (le film fait plus de trois heures). Il accepte pour cela de doubler les prix des places. Il a également l’idée pour la première fois de permettre aux spectateurs de réserver leurs places, chose si commune de nos jours. Dès sa sortie le film est un immense succès. Il reste à l'affiche plus de cinquante-quatre semaines au Madeleine. Cependant un évènement vient ternir la joie de Carné. Lors de la première au Palais de Chaillot le 09 mars 1945, Carné a la tristesse d'entendre son mentor Jacques Feyder lui lancer un laconique "oui, c'est pas mal". Ni Feyder, ni Rosay, ne parleront de leur collaboration commune dans leurs mémoires respectives. Pardonnez-moi ce long préambule mais il m'apparaît important de bien restituer dans son contexte un film tel que celui-ci et de marquer le fait qu'un tel chef d'oeuvre n'arrive pas par hasard.



Venons-en au film proprement dit. Tout a déjà écrit sur ce film classé comme "le meilleur film français de tous les temps" par plus de six cents professionnels du cinéma en 1993 et que beaucoup, de par le monde, considèrent comme le plus grand film de tous les temps. Si je n'irais pas jusqu'à un tel extrême, il faut bien reconnaître que ce film continue de nous captiver plus de 60 ans après sa sortie. Cette histoire d'amour entre le mime Baptiste et la femme libre Arletty nous fascine par sa poésie, sa grâce, son romantisme. La manière dont les personnages secondaires, et leurs histoires parallèles, se croisent durant les trois heures de ce film hors norme, éblouissent tout comme la reconstitution de ce quartier de Paris autour de 1840. Outre que le scénario est plus complexe qu'il n'y paraît, les dialogues montrent que Jacques Prévert a été transcendé par cette histoire et par l'équipe qui l'a rendue réelle. Comment résister à l'envie de vous en citer quelques extraits à commencer par cette déclaration de Frédérick Lemaître (Pierre Brasseur) lorsqu'il rencontre Garance (Arletty) : « Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour ». Garance qui quelques années plus tard dira à Baptiste : « Vous m'avez aidée à vivre pendant des années, vous m'avez empêché de vieillir, de devenir bête, de m'abîmer... Je me disais : tu n'as pas le droit d'être triste, tu es tout de même heureuse puisque quelqu'un t'a aimée ».



La relation entre Baptiste et Garance est fascinante. C’est la chronique de l’amour fou que ressent Baptiste pour Garance, lui qui est aimé par Nathalie/Maria Casares avec qui il finira par se marier, mais qui gardera à jamais en lui cette lueur d’un amour sans issue. C'est l'occasion de beaux échanges entre les deux. Baptiste, lorsqu'il est pour la première fois avec Garance, lui dit : « je tremble parce que je suis heureux et je suis heureux parce que vous êtes là tout près de moi. je vous aime et vous garance m'aimez-vous ? », Garance objecte qu'il parle « comme un enfant, c'est dans les livres qu'on aime comme ça, et dans les rêves, mais pas dans la vie ! ». Un peu plus tard elle sera plus explicite : « je vous en prie Baptiste ne soyez pas si grave, vous me glacez. il ne faut pas m'en vouloir mais je ne suis pas...comme vous rêvez. Il faut me comprendre, je suis simple, tellement simple. Je suis comme je suis, j'aime plaire à qui me plaît, c'est tout. Et quand j'ai envie de dire oui je ne sais pas dire non ». Baptiste quelques instants plus tôt lui avait fait cette confidence qui est à la base d'une des thématiques « prévertienne » et « carnésienne » puisqu'on l'a retrouve par exemple dans Juliette ou la Clef des Songes : « Quand j'étais malheureux, je dormais, je rêvais mais les gens n'aiment pas qu'on rêve. Alors ils vous cognent dessus histoire de vous réveiller un peu. Heureusement j'avais le sommeil plus dur que leurs coups et je leur échappais en dormant. Oui je rêvais, j'espérais, j'attendais ». Notons le parallèle évident avec cet autre grand film sur l'amour fou qu’est Peter Ibbetson d'Henry Hattaway. Dans ce film le héros rencontre en songe son amour et il finira par préférer vivre dans ce rêve et donc renoncer à la vie, tout comme le personnage de Michel joué par Gérard Philipe dans Juliette réalisé par Carné en 1950. Comme l'écrit Danièle Gasiglia-Laster dans un numéro de CinémAction : «  Baptiste qui respecte Garance ne la comprend pas et ne devine pas ce qu'elle attend de lui. Il l'imagine conforme aux stéréotypes de la femme idéale, complique les choses, alors que la jeune femme, elle le dit elle-même, est simple ». Ainsi la première fois où il pourrait passer la nuit avec elle, il fuit. Mais Baptiste, obnubilé par cet amour d'autant plus qu'il fait tout pour le rendre inaccessible, ne se rend pas compte qu'auprès de lui se trouve Nathalie (Maria Casares) qui est l'incarnation de la jeune fille simple et pure (certains diront transparente) que l'on retrouve dans beaucoup de films de Carné. Nathalie dont l'amour est si pur et en lequel elle place toute sa confiance, comme elle le dira lorsqu'elle aura surpris Baptiste et Garance ensemble : « ce n'est pas seulement parce que je suis jalouse mais j'ai tellement confiance. Oui je suis tellement certaine que Baptiste et moi nous sommes faits pour vivre ensemble tous les deux ». C'est Nathalie qui voit la métamorphose de Baptiste lorsque celui-ci a rencontré Garance : « Qu'est-ce que tu as Baptiste?... tu as quelque chose ! tu es beau... Tu le sais bien que tu es beau puisque tu es beau mais aujourd'hui tu es plus beau que tous les autres jours ». Elle dira aussi cette belle autre phrase : « Mais je me moque moi que tu m'aime bien, ce que je veux c'est que tu m'aime ». L'histoire retiendra que c'est Marie Déa, la Anne des Visiteurs du Soir, qui devait jouer Nathalie mais qui avait déjà un engagement au Théâtre.



C'est un fait que la plupart des critiques, qui ont disserté sur ce film, oublient systématiquement (ou le minimise) ce personnage de Nathalie. Maria Casares pour son premier rôle à l'écran est bouleversante dans les quelques scènes que lui a écrite Prévert. Comme celle de la fin, où elle surprend à nouveau Baptiste avec Garance, qui se revoient pour la première fois depuis leurs mariages respectifs, et où elle apostrophe sa concurrente : « Vous partez, on vous regrette. Le temps travaille pour vous et vous revenez, tête nouvelle embellie par le souvenir... Mais rester et vivre avec un seul être, partager avec lui la petite vie de tous les jours, c'est autre chose ». Puis elle demande des explications à Baptiste qui ne peut lui répondre : « Mais tu dis tout de même beaucoup de choses en te taisant et ces choses je les comprends ». La scène se termine sur Garance fuyant, poursuivie par Baptiste, Nathalie lui hurlant dans un cri déchirant « et moi Baptiste, et moi ? ». Notons que cette scène ne figurait pas dans le scénario original et, selon son biographe Yves Courrière, Prévert fut inspiré par la fin de sa liaison avec la jeune Claudie Carter. Si certains ont vu dans ce personnage l'incarnation de la femme au foyer qui emprisonne son rêveur de mari, C’est une erreur. Garance et Nathalie sont deux incarnations de l'amour romantique. L'une est idéalisée par Baptiste, l'autre, confiante et sure d'elle, réaliste, incomprise dans son malheur. Le fait que ce soit Garance qui soit idéalisée est ironique, car elle est au contraire le personnage le plus libéré et le plus émancipé personnage des Enfants du Paradis. Garance ne porte pas de masques, elle est comme elle est. Elle ne triche pas comme Lacenaire, elle est « la femme qui se fout de tout, qui rit quand elle a envie de rire, qui ne se laisse pas diriger par les pensées des autres » comme Arletty l'explique à Edward Turk en 1979. Bien sûr Prévert s'est inspiré de la vie de l’actrice et de son caractère : « Je refuse qu'on m'impose des idées. Je suis indépendante et je prends les risques de l'indépendance » dira-t-elle lors de cette même interview. Arletty est la preuve qu'il est bien difficile d'être simplement comme on est car « la société enferme parfois les individus dans des rôles dont ils ne veulent pas » comme l'écrit Danièle Gasiglia-Laster. On pense alors à cet amour trouble d'Arletty avec un officier nazi qui lui vaudra une arrestation à la fin du tournage et un placement en résidence surveillée durant 18 mois. L’actrice raconte, dans l'un des bonus, qu'elle conserve un bon souvenir de son séjour à La Houssaye en Seine-et-Marne grâce aux livres et à la nature du lieu : « Il y avait des couchers de soleil merveilleux ». Elle y sera toujours lorsque le film sortira sur les écrans. Elle raconte dans la biographie que lui consacre Denis Demonpion qu'on l'avait seulement autorisé à sortir pour faire un raccord son à l'automne 1944. Et c'est au moment où cette femme admirable de quarante cinq ans est au sommet de sa gloire qu'elle est poussée dehors (par des "jaloux" dira Michel Simon dans l'un des bonus) et qu'elle ne tournera plus qu'épisodiquement.



Les Enfants du Paradis est également remarquable pour ses personnages qui entourent Garance et qui sont tous amoureux d'elle. Frédérick Lemaître (Pierre Brasseur) incarne le comédien « romantique, rebelle par excellence » selon Edward Turk. Ambitieux, c'est une grande gueule, un cabotin, sûr de son talent, à qui tout réussit et qui réussit tout avec humour. La scène où il joue Robert Macaire et fait tourner en bourrique les auteurs de la pièce "L'Auberge des Adrets" dont il moque la pauvreté de l'histoire, est en soi éloquente. Ce comédien, tellement amoureux de lui-même, lorsqu'il se rend compte que Garance continue à aimer Baptiste tout en étant avec lui s'exclame: « Et si ça me plaisait à moi ? si cela m'était utile, à moi, d'être jaloux, utile et même nécessaire... Grâce à toi je vais enfin pouvoir jouer Othello... Je cherchais le personnage mais je ne le sentais pas. C'était un étranger, maintenant c'est un ami, un frère ». Il triomphe au théâtre dans la deuxième partie tandis que Baptiste lui triomphe aux Funambules. Il sait bien au fond que Baptiste « joue comme un dieu » et il l'envie. Garance dit un peu plus tôt que Baptiste « n'a pas de métier, il ne joue pas, il invente des rêves » et le fait est que les trois pantomimes dont on aperçoit des extraits dans le film montre un Barrault au corps élastique et à la souplesse féline. Il n'est pas interdit d'y voir un hommage à certains acteurs du Muet, Chaplin et Keaton en premier lieu.



Un autre personnage emblématique du film est Lacenaire (Marcel Herrand). Lacenaire est un dandy assassin, un personnage en perpétuelle révolte contre la société. Misanthrope, il en explique en partie des raisons lors de sa premières scène : « quand j'étais enfant, j'étais déjà plus lucide, plus intelligent que les autres, ils ne me l'ont pas pardonné. ils voulaient que je sois comme eux ». Lacenaire est un personnage trouble et fascinant par son recul par rapport au monde qui l'entoure. Refusant, tout comme Garance, de jouer le jeu des apparences en société, il interpelle ainsi le comte de Montray qui lui demande qui il est : « Vous ne trouvez pas que c'est une question saugrenue que de demander aux gens qui ils sont ?... Ils vont au plus facile : nom, prénoms, qualités mais ce qu'ils sont réellement ? au fond d'eux-mêmes, ils le taisent, ils le cachent soigneusement ». Edward Turk mettra en évidence que Lacenaire représente pour Carné « une idéalisation ». A l'époque Carné « porte toujours un masque qui ne correspond pas à son identité réelle. Son comportement agressif et autoritaire sur le plateau est une stratégie destinée à détourner l'attention de ceux qui auraient tendance à stigmatiser ses écarts, hors studio, par rapport aux critères dominants de la masculinité ». En effet, le vrai Lacenaire était homosexuel et il est permit d'y voir un rapport avec Vautrin, un autre homosexuel criminel que voulait mettre en scène Carné (le film est tourné en 1944 par Pierre Billon). Carné explique dans l'interview qu'il accorda à Edward Turk en 1980 que pour lui il est très clair qu'Avril, joué par Fabien Loris dans le film, est « son ami » mais que sous Vichy « on ne pouvait pas aller beaucoup plus loin ». Peut-être cela aurait-il été plus évident si Carné n'avait pas coupé au montage une scène plus explicite entre Lacenaire et Garance où celle-ci lui demande « Qu'est-ce qu'elles vous ont fait les femmes ? » et Lacenaire de se défendre : « Rien, absolument rien! ». Garance : « Et vous, qu'est-ce que vous leur avez fait, aux femmes, Pierre-François ? pas grand chose, sans aucun doute ! », Arletty soulignant cette dernière phrase d’un « petit rire désobligeant ». A la défense de Carné, il faut réaliser ce que la morale de ce film en pleine guerre sous le gouvernement de Vichy implique. Edward Turk le remarque avec pertinence lorsqu’il écrit : « en contestant l'autorité de la famille, la persécution des déviances sexuelles et l'obligation pour une femme de dépendre d'un homme, Les Enfants du Paradis s'attaque aux fondements mêmes de l'ordre social de Vichy ».



Il aurait été facile pour Carné d’accentuer le lyrisme d'une telle histoire, épopée en costume qui aurait pu se transformer en "grandiloquence hollywoodienne" à la Autant En Emporte Le Vent comme le remarque Bernard Landry, premier journaliste à écrire sur Carné en 1952. Au lieu de cela, Carné persiste dans le style qu'il a fait sien en refusant tout effet de style. Sa caméra est peu mobile et « chaque mouvement d'appareil est commandé par une nécessité descriptive ». Carné confie dans une interview en 1972 à Marcel Oms qu'aux mouvements d'appareil il préfère « les mouvements du coeur ». Il refuse le pittoresque et réalise ses films avec la plus grande rigueur trouvant que « la virtuosité de la caméra, c'est bien souvent au détriment de l'histoire, et surtout des acteurs ». Ce qui induit une certaine forme de sobriété, un classicisme que certains ont pris pour de la sécheresse ou de la froideur. Mais ce classicisme ne signifie pas pour autant que Carné fait du cinéma académique. Académique au sens de tourner suivant une formule, des règles pré-établies, qui peuvent aboutir à un film bien fait mais ennuyeux, manquant d'âme à l’image des réalisations de Régis Wargnier ou Jean Delannoy par exemple. Alors que de l'âme, de l'émotion, de la poésie dans Les Enfants du Paradis, vous n'avez que ça !
Cela n'a pu se faire que grâce à un travail collectif aussi remarquable que quasi unique dans l'histoire du cinéma français. Prévert, Carné, Trauner, Kosma, Mayo ont œuvré ensemble de l'élaboration du scénario au tournage. Il n'y a pas de secret, c'est la seule solution. Il est intéressant d'ailleurs de lire les commentaires élogieux concernant le film sur le site de référence IMDB où une nouvelle génération découvre ce film qui repose sur « un bon scénario, des bons acteurs, une bonne réalisation et une bonne équipe technique ». Des choses souvent oubliées de nos jours où il est de bon ton depuis "la Politique des Auteurs" de dénigrer le scénario (Voir un récent dossier de Télérama sur ce sujet).



Pour terminer, laissons la parole à François Truffaut qui en 1956 se chargea avec ses amis des Cahiers du Cinéma de tirer à boulets rouges sur Marcel Carné « qui n'a jamais su évaluer un scénario, n'a jamais su choisir un sujet... Pendant des années on nous a offert des films de Jacques Prévert mis en images par Marcel Carné ». Truffaut qui finira en 1984 par avouer à Carné, lors d'une rencontre à Romilly, qu'il a fait 23 films et qu'il les « donnerait tous pour avoir fait Les Enfants du Paradis ».
Comme on le comprend.



3 - Le Dvd

Image -
Depuis 2001, l'édition Criterion était celle de référence. On oubliera aisément celle de René Château en 2002 qui faisait le service minimum aussi la surprise est de taille quand on regarde ce beau master entièrement restauré. La compression est quasi parfaite pour un film qui a 61 ans. Peu de poussières à l'écran, très beau contraste, il n'y a pas à dire Pathé a fait l'effort que demandait un tel chef d'oeuvre. Signalons cependant la qualité approximative des sous-titres pour Sourds et Malentendants dont certains s'affichent en un beau jaune que l'on croyait disparu depuis nos vieilles copies vhs des années 80.



Son -
Restauration également en ce qui concerne la piste son qui bénéficie du même soin apporté à l'image. Notons que Pathé nous propose une version supplémentaire en Dolby Digital 5.1 un peu inutile pour un film de ce type. Privilégier les ambiances par rapport au dialogue n'était pas une très bonne idée d'autant plus que la qualité de la piste DD2.0 est de très haute qualité surtout par rapport à un film d'un tel âge.


4 -
Les Bonus de l'Edition Collector




DVD 1 • Présentation du film par Carole Aurouet - 31'51

Carole Aurouet est l’une des grandes spécialiste de l'oeuvre de Jacques Prévert. Elle a publié divers ouvrages, dont le spécial Prévert dans la revue CinémAction et une étude sur les scénarios de Prévert "Les Scénarios Détournés de Jacques Prévert" (Dreamland). Elle est docteur en littérature et civilisation française à la Sorbonne. Elle fait plus qu'une présentation, nous racontant la genèse et l'histoire du film vu à travers le regard de Prévert (elle parle peu de Carné), nous expliquant comment il travaillait "en construisant rigoureusement ses brouillons scénaristiques" basé sur deux grandes feuilles de papier bristol sur lesquelles il dessinait les personnages avec des indications les concernant. On aperçoit ces magnifiques brouillons à l'image, déjà reproduits dans le scénario original de Jacques Prévert publié par les Éditions Monza en 2000. Filmé dans son bureau en plan fixe, cette demi-heure passée en la compagnie de Carole Aurouet se regarde avec un vif intérêt.
Par contre, il nous faut relever que dès sa première phrase elle commet l'erreur classique concernant la date de naissance de Marcel Carné en indiquant qu'il est né en 1909, alors qu'il s'agit de 1906 (on ne le répétera jamais assez). Mais à sa décharge, il faut signaler que l'erreur provient de Pathé !
En effet, dans le livret qui accompagne le DVD, on peut y lire avec étonnement que Carné est né en 1909 ce qui pour un dvd qui ressort justement l'année du centenaire ne fait pas très sérieux de la part de la firme qui a produit le film en 1945 !!! Cliquez ici pour voir l'extrait incriminé du livret.



Jacques Prévert & Arletty (documentaire) - 13'09

Issu d'un documentaire sur Arletty tourné par Claude-Jean Philippe en 1974, ces treize minutes sont pour l'amateur d'Arletty et Prévert véritablement bouleversantes. Prévert parle d'Arletty avec grande émotion, évoquant notamment sa voix, « on ne fait pas assez attention aux voix de gens ». Il a ces belles phrases : « Elle a l'érotisme chaste », « Elle est pareille dedans, pareille dehors ». On sent qu'Arletty a beaucoup compté pour Prévert. A un moment le journaliste lui pose cette question stupide : « Arletty est-elle un personnage plutôt transparent ou mystérieux ? » et Prévert interloqué par cette question de remettre à sa place le présomptueux en répondant « qu'il n'y a rien de plus mystérieux que quelqu'un de transparent ! ». Il faut voir comment Prévert parle d'Arletty avec cet air de chien battu, quasiment la larme à l'oeil. Peu avant Arletty avait lu le beau poème irrévérencieux de Prévert « Quartier Libre » entre le commandant et l'oiseau. Arletty apparaît dans ce reportage embellie par l'âge avec cette voix magique, ce regard de femme libre, confiant que « chacun a une petite cachette qui ne se révèle pas ».






Marcel Carné : le retour - 8'25

Filmé durant le tournage de son dernier film La Merveilleuse Visite, Marcel Carné évoque une fois de plus ses débuts avec Jacques Feyder. On aperçoit le comédien Roland Lesaffre et Jean Gabin dans une séquence d'archive qui rappelle que lorsque Le Jour se Lève est sorti « il a fait un bide noir ». Séquence un peu courte.









Ciné Parade : Alexandre Trauner - 1'43

Court extrait d'interview en 1982 dans lequel Trauner évoque avec émotion ses années de clandestinité durant la guerre. Il a pu continuer à travailler grâce à des « amis gentils » comme Léon Barsacq, Georges Wakhévitch, Max Douy et déclare : « J'ai survécu et nous avons travaillé sur des films que nous avons beaucoup aimé comme Les Enfants du Paradis ». Puis il évoque Prévert qui, dans les années trente lors d'un tournage dans les Baux de Provence, lui avait déjà parlé avec fascination des « courts d'amours, du bon roi René ». Nous supposons qu'il parlait de l'époque des Troubadours et de l'Amour courtois. Nous n'en sauront pas plus car l'interview est coupée.



Interview : Alexandre Trauner - 4'31

Dans ce nouvel extrait, Alexandre Trauner évoque sa carrière et Arletty « un être qu'il aime beaucoup » pour qui il éprouve une grande tendresse. Il nous raconte qu'à l'époque on se demandait s'il fallait peindre les décors en noir et blanc. Trauner pense que c'est faux car « une tache de couleur vous fait imaginer une chose qu'une tache en noir et blanc ne fait pas » tandis qu'à l'image apparaît les dessins des décors d'Hôtel du nord et du Jour se Lève. Il finit par donner sa définition du décor de film qui se trouve « entre l'architecture, la sculpture, la peinture, la photographie ». Le moment le plus fort de l'interview (qui n'est pas daté) se situe quand le journaliste lui demande si « la création fait qu'on ne vieillit pas ? ». Il y a alors un long silence avant que Trauner n'ajoute « qu'on ne sait pas... Enfin, ça c'est une autre paire de manches ». L'air de dire « vous êtes bien gentils mais vous n'allez pas me la faire, ça serait bien sympa mais malheureusement je sais que ce n'est pas le cas ».



Galerie des décors : planches dessins de Alexandre Trauner - 1'24

Pathé clôt cette belle série de bonus par une galerie photographique des dessins de Trauner pour Les Enfants du Paradis.



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DVD2
Tête d'affiche :Lady Arletty - 13'27

Pathé poursuit sur sa lancée avec cette belle interview d'Arletty en 1969. Elle parle de son enfance à Courbevoie, de son père mort écrasé par un tramway. Michel Simon explique que c'est peut-être « ce qui lui donne un coté fière, sauvage, indépendant », qu'il se sent proche d'elle car elle a connu l'usine et « s'est faite toute seule », tout comme lui. Interviewé par France Roche, Arletty ajoute que s'il lui avait fallu « tirer les sonnettes » elle serait resté « dans son plumard, c'est un peu venu à moi en fait » car « même des types qui ont besoin de vivre ne tirent pas les sonnettes, question de caractères ». C'est sur que ça doit être difficile à comprendre pour certains ! Elle parle ensuite de ses débuts, lorsqu’elle s'amusait à jouer dans les revues, contrairement au théâtre qu'elle n'aimait pas du tout. Elle n'était l'élève de personne et n'imitait personne. C'est un fait qu'Arletty a créé un personnage qui n'existait pas au cinéma et encore moins dans le cinéma hollywoodien de l'époque. Henri Jeanson dit fort justement que « c'est un personnage qui a beaucoup de dignité, de classe, d'élégance, qui n'a aucune vulgarité, qui a une présence extraordinaire et qui dégage une sorte de poésie involontaire par tout ce qu'elle dégage ». Arletty apparaît ainsi dans ce documentaire comme une grande dame malicieuse lorsqu’elle dit : « le culot m'amuse mais le manque de tact ça me choque ». C'est Michel Simon qui termine cet extrait en déclarant qu’Arletty était quelqu'un de très pudique, « une vertu assez rare dans nos métiers » et qu'il y avait « autant de fantaisie dans sa vie privée que dans sa vie professionnelle », et d’ajouter : « c'est un éloge que je lui adresse ».









Monsieur Cinéma : Interview de Jean-Louis Barrault - 7'03

Interviewé par Pierre Tchernia en 1976, Jean-Louis Barrault parle du trentième anniversaire de la compagnie de théâtre qu'il a créé avec Madeleine Renaud. C'est l'occasion pour lui d'évoquer les divers endroits où ils ont élu domicile. « Comme on dit nous avons roulé notre bosse ». Tchernia le fait parler des personnages historiques qu'il a interprété au cinéma, comme Berlioz dans le film de Christian-Jaque ou Louis XI dans Le Miracle des Loups d'André Hunebelle. Bien sûr il parle de son personnage de Baptiste Debureau. Lors de ses recherches il avait été frappé par « le contraste entre un acteur parlant et bavard comme Frédérick Lemaître et un acteur silencieux comme Debureau », faisant un parallèle avec le premier film parlant de Chaplin.



Une légende, une vie : Pierre Brasseur - 10'13

Pour évoquer Pierre Brasseur son père, Claude Brasseur raconte quelques anecdotes, comment il le faisait répéter etc... Pierre Brasseur « avait horreur de parler de choses graves, profondes, de son métier », il avait ainsi « une sainte horreur d'une certaine catégorie d'acteur qu'il appelait les fanas de l'art drama par exemple ». On réalise que le personnage de Frédérick Lemaître a été en partie basé sur son caractère par Jacques Prévert. Claude Brasseur nous apprend qu'il travaillait beaucoup ses rôles sans toutefois le crier sur les toits, par pudeur. Au final un portrait assez émouvant dans lequel apparaît Pierre Brasseur dans un court extrait où celui-ci parle du problème de savoir quoi faire de ses mains en répétant et du fait de se retrouver avec « trois mains », vous comprendrez en regardant ce bonus. Par contre l'extrait de l'interview est coupé en pleine phrase (avec un léger fading) alors que Claude Brasseur raconte que son père lui lisait le rôle de Sganarelle du Don Juan de Molière.





Tournage des Enfants du Paradis - 5'09

Remercions Pathé, une fois de plus, pour avoir extrait de leurs archives ces rushes du tournage des Enfants du Paradis. Ces cinq minutes sont une aubaine pour tous les amoureux de ce film. L'extrait choisi est la scène entre Garance et le Comte de Montray lorsque celui-ci la rencontre dans sa loge et lui offre un énorme bouquet de fleurs : « Tout ce qui m'appartient, je le dépose à vos pieds ». Cette scène est filmée sous plusieurs angles et l'on regrette de ne pas en voir plus. Combien y-a-t-il de rushes qui subsistent ? Les verra-t-on un jour ?





Galerie photos - 23'06

L'inévitable galerie de photos est un passage obligé pour tout bonus qui se respecte. Après une première série de photographies de tournage en noir et blanc au rendu impeccable intervient la surprise de cette série avec toute une série de photographies en couleur ! Certes, il n'est pas précisé s'il s'agit de photos colorisées à l'époque ou si elles ont véritablement été prises en couleur mais permettons-nous d'en douter par la manière dont le rose aux joues semble trop souligné. Quoiqu'il en soit, cette série met en avant la richesse des costumes avec ce coté Technicolor un rien désuet qui n'est pas désagréable. Ces photos sont l'oeuvre de l'un des pionniers de la photographie de cinéma Roger Forster qui eu pour élève le célèbre Raymond Voinquel qui travailla beaucoup pour Carné.









Galerie des costumes : planches dessins de Mayo - 1'17

Cette longue série de bonus, tous plus intéressant les uns que les autres, finit par les très beaux dessins de Mayo pour les costumes du film. Mayo avait été conseillé à Carné par Prévert qui l'avait rencontré durant la guerre par des amis communs du groupe Octobre. Peintre de vocation, il s'était reconverti dans les décors et costumes pour le théâtre et le cinéma.




• Filmographies

Les filmographies concernant Marcel Carné, Jacques Prévert, Arletty, Jean-Louis Barrault et Pierre Brasseur.

En savoir plus :

Ma Vie à Belles Dents, Marcel Carné, L'Archipel (1996),
Marcel Carné et l'âge d'or du cinéma français 1929-1945, Edward Turk, L'Harmattan (2002),
Marcel Carné, Bernard G-Landry, Ed.Jacques Vautrain (1952),
Les Enfants du Paradis, L'Avant-Scène Cinéma ( juillet 1967),
Les Enfants du Paradis, le scénario original de Jacques Prévert, Editions de Monza (1999),
Marcel Carné parle, Les Cahiers de la Cinémathèque (hiver 1972),
Jacques Prévert, Yves Courrière, Gallimard (2000),
Jacques Prévert qui êtes aux cieux, Carole Aurouet, CinémAction (2001),
Arletty, Denis Demonpion, Flammarion (1996),


Remerciements à l'Equipe de PATHE responsable de cette belle édition collector :

Caroline Baussant et le service production de Pathé.
Laurent Molin : attaché de presse.


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