le DVD Zone 2 collector des Éditions Montparnasse (novembre 2006)


DRÔLE DE DRAME (1937) L’édition collector du DVD aux Éditions Montparnasse sortie le 8 novembre 2006

Cette chronique est également parue sur le site partenaire DVDCLASSIK.


1 – Les caractéristiques du DVD :

94 mn – Zone 2 – PAL – DVD 9
Format cinéma : 4/3 (format original 1.33)
Langue : Français, mono d’origine restaurée et Dolby Digital 5.1
Sous-titres : sans

2 – Le DVD

Image –
Le master numérique a été restauré ce qui permet au film de bénéficier d’une meilleure compression par rapport à la précédente version. Un gain en netteté et l’absence de pixellisation. Sans doute tenons-nous là maintenant la copie de référence du film.

Son –
La version française d’origine en mono a également été restaurée ce qui a supprimé le souffle encore présent dans la version 2000.

3 – Les bonus de l’édition collector


Les Éditions Montparnasse ont décidé de supprimer les bonus de l’édition précédente, sortie en 2000, qui consistaient en des notes succinctes du journaliste Jacques Siclier. Elles nous proposent pour cette édition collector des bonus dignes de ce nom (plus d’une heure) qui vous permettront d’en savoir le plus possible sur le film. Pour cela, les éditeurs ont fait confiance au journaliste Jean Ollé-Laprune qui a supervisé ces bonus en les déclinant sous la forme de « Drôle de… ». S’il faut signaler le graphisme du beau fourreau et les magnifiques photographies en noir et blanc du digipack, une petite ombre au tableau est à signaler, celle de l’absence de sous-titres, pour les sourds et les malentendants d’abord et en anglais pour cette édition contrairement à la précédente. Le dvd est ainsi Zone 2 et non Zone 2-3-4-5-6 comme le précédent.

Drôle d’intro – Propos liminaires sur un film sans descendance (4 min 53)
Une voix-off féminine (rappelant celle de Christine Haas, une ancienne de Ciné cinéma Classic également) nous résume ce qu’il faut savoir concernant le film.

Drôles de propos – (26 min 55)


Filmé en plan fixe entrecoupé d’extraits du film (fort heureusement peu nombreux) et de rares photographies de tournage en banc-titre, Jean Ollé-Laprune nous donne un beau cours cinématographique passionnant sur « la genèse, la réalisation et la postérité du film ». Par contre, il commet l’erreur classique de se tromper sur la date de naissance de Carné en disant qu’il avait 28 ans au début du tournage, alors que Carné avait 31 ans étant né en 1906 et non 1909 !


Drôle de visite – (24 min 41)


Suite de cette interview de Jean Ollé-Laprune où celui-ci se concentre sur les anecdotes de tournage. Il s’intéresse aux fameux techniciens de l’équipe et à chaque second rôle, voire aux silhouettes célèbres entraperçues comme Marcel Duhamel, le créateur de la Série Noire ou encore Jean Marais dans le rôle d’un fêtard qui se fait assommer dans une ruelle sombre. Il nous raconte également cette anecdote concernant l’origine du « bizarre… bizarre »,  dû au maître d’hôtel du Moulin-Rouge, à l’époque de Toulouse-Lautrec, qui s’appelait Bizard.

Drôles d’archives : Françoise Rosay raconte les débuts de Marcel Carné (6 min 38).
Extrait de l’émission Gros Plan du 10 novembre 1956, réalisée par Jean-Marie Coldefy – © INA Archives


Cet extrait d’une interview de Françoise Rosay est passionnant à plus d’un titre. L’on sait que Rosay a introduit Carné auprès de Feyder dans les années 20. Feyder était le mentor de Carné et pouvoir faire jouer Rosay dans ses deux premiers films a dû être pour Carné une grande joie. Mais par la suite ceux-ci vont l’ignorer au point qu’ils n’en parleront pas dans leurs autobiographies respectives (Le Cinéma, notre métier de Feyder et Rosay et La Traversée d’une vie de Françoise Rosay). Aussi entendre parler Rosay, et de manière aussi intéressante, est une aubaine pour le passionné de Carné. Elle est interviewée face caméra, chez elle, apparemment devant la cheminée, tenant son cocker noir sur les genoux . Nous apprenons que c’est grâce à son coiffeur particulier, M. Martin, dont le protégé était le petit-fils de sa concierge (la grand-mère de Carné, donc) que Rosay a rencontré un Carné tout jeune à l’époque (19 ans). Feyder, le trouvant trop petit, pensait que Carné manquerait d’autorité sur un plateau, ce qui est plutôt savoureux quand on connaît la réputation tyrannique qu’a pu avoir le cinéaste par la suite.

Bande-annonce originale – (2 min 14)
Une bande-annonce typique de l’époque avec ses bandeaux tels « Le film le plus gai de l’année c’est un drame » ou bien « Une histoire ni vraie, ni vraisemblable, mais vraiment un drôle de drame ».


Livret d’accompagnement de 20 pages, réalisé par Jean Ollé-Laprune
Un livret qui évoque les accueils successifs de Drôle de drame par les critiques et le public avec de belles reproductions d’affiches, certaines assez rares.

En savoir plus :

Ma vie à belles dents, Marcel Carné, L’Archipel (1996),
Marcel Carné et l’âge d’or du cinéma français 1929-1945, Edward Turk, L’Harmattan (2002),
Drôle de drame, L’Avant-Scène Cinéma (mars 1969)
Drôle de drame, Analyse de film/analyse de société, université de Pau (juin 1984), Chantal Vignau
Jacques Prévert, Gallimard (2000), Yves Courrière

Remerciements à l’équipe des Éditions Montparnasse responsable de cette belle édition collector :
1 – Emmanuelle VOISIN, Pauline LANGLOIS et Victoria WILLIS pour la partie réalisation bonus
(choix des images d’archives, des intervenants).
2 – Laurence SABATIER pour la restauration du film et du son en DVD.
3 – Fleur Trokenbrock, attachée de presse.

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