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TERRAIN VAGUE (1960)

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La fameuse carte postale de François Truffaut

Marcel Carné fut l’un des premiers cinéastes français à tourner un film sur les bandes de jeunes en banlieue. Et Terrain Vague préfigure de plusieurs dizaines d’années le désarroi, l’ennui de jeunes laissé à eux-mêmes dans ces cité-dortoirs tel que les récentes émeutes en France durant l’automne 2005 l’ont montré. Terrain Vague est un film qui témoigne du passage central (autour de 1960) d’une banlieue de pavillons ouvrier à une banlieue de grands ensembles impersonnels. A ce titre il serait très intéressant de réhabiliter ce film tant il a été vilipendé (comme d’habitude en ce qui concerne Carné serait-on tenté d’ajouter).
Nous n’entrerons pas dans la polémique à propos de la Nouvelle Vague qui s’est beaucoup attaché à filmer la Bourgeoisie et a singulièrement délaissé tout ce qui avait trait au Populaire, c’est-à-dire au Peuple c’est-à-dire à l’Homme de la rue (Après tout il n’est pas très étonnant que ce soit Carné qui justement s’y est intéressé, lui qui était fils d’un modeste ébéniste et qui a beaucoup tourné de films s’attachant à cet « homme de la rue »).

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FICHE TECHNIQUE

Scénario : d’après le roman Tomboy de Hal Ellson.
Adaptation et dialogues : Marcel Carné et Henri-François Rey.
Images : Claude Renoir.
Décors : Paul Bertrand.
Costumes : Antoine Mayo.
Montage : Henri Rust et Marguerite Renoir.
Musique : Michel Legrand et Francis Lemarque.
Son : Jacques Carrère.
Directeur de production : Paul Temps.
Interprètes : Roland Lesaffre (Big Chief), Danièle Gaubert (Dan), Jean-Louis Bras (Babar), Maurice Caffarelli (Lucky), Constantin Andrieu (Marcel), Dominique Dieudonné (le râleur),
Alfonso Mathis, Denise Vernac (la mère), Georges Wilson, Dominique Davray, Simone Berthier, François Nocher, Geneviève Thénier, Claudine Auger.
Production : Gray Films/Films Rive Gauche (Paris), Jolly Films (Rome) pour Louis Dolivet.
Distribution : Cinédis.
Sortie : 9 novembre 1960, aux Berlitz, Paris et Wepler (Paris).
Durée : 100 minutes.
Distinction : présenté aux festivals des pays de l’Est et de Moscou.

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SYNOPSIS

« Ils s’entendent bien parce qu’ils se ressemblent: ils sont contre tout le monde ». Entre les HLM et les terrains vagues, la jeune Dan a créé une bande. Autour d’elle, Lucky, Babar et les autres commettent des petits larcins. Ensuite ils fourgent la marchandise à Big Chief, un revendeur de surplus…

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REVUE DE PRESSE

ARTS, 9/11/1960 (Henri-François Rey)
Je ne sais ce que l’on pense de Terrain vague, ce que je sais, c’est que toutes les images, je dis bien toutes, sont fondamentalement poétiques. Je veux dire qu’elles sont magiques, parce que, dépassant la réalité simple, elles rejoignent la grande réalité transposée de la création. Tout au long de ce film, courent comme un frisson, souvent comme un sanglot, une tendresse, une gentillesse qui sont les marques mêmes de l’univers de Marcel Carné. Et, croyez-moi, je parle des images, du rythme, de tout ce qui est le film, de tout ce qui est Carné. Je n’ai aucune envie, par la bande, de parler du dialogue que j’ai écrit. Je l’ai voulu le plus simple, le plus fonctionnel possible, parce qu’à l’image, il n’y avait pas grand-chose à ajouter. Simplement, il fallait céder à la mode. Le cinéma est parlant.
LES LETTRES FRANÇAISES, 15/11/1960 (Georges Sadoul)
Par la faute d’un scénario insuffisant dans sa structure dramatique comme dans sa description sociale, Terrain vague est loin d’être, pour Carné, une grande réussite. Il retient pourtant par sa profonde et sincère probité.
LE MONDE, 14/11/1960 (Jean de Baroncelli)
Marcel Carné a marqué de son talent le cinéma français des vingt-cinq dernières années. Cela, nous ne l’oublions pas et nous savons que ses triomphes et ses échecs sont nés de la même ferveur, de la même sincérité artistique. Terrain vague n’est pas un film médiocre, vulgaire ou bas. C’est un film raté, voilà tout. Un film qui passe à côté de ce qu’il voulait atteindre. Un film étrangement désaccordé.
LE FIGARO LITTÉRAIRE, 12/11/1960 (Claude Mauriac)
Marcel Carné ne nous a peut-être pas encore donné son chef d’oeuvre. L’échec de Terrain vague est sans gravité. Il a fait ce qu’il a pu, le mieux qu’il a pu. Nous en sommes là.
CINÉMA 61, février 1961 – n° 53 (Marcel Martin)
Me comprendra-t-on si je dis que nous sommes ici dans le pire cinéma boulevardier, fondé sur le pathétique calculé des situations et non sur la réflexion du spectateur?… Il y a pourtant beaucoup à dire sur le monde merveilleux et inquiétant de l’adolescence. Mais Carné me paraît hypnotisé par son passé : ses héros sont fils du déserteur de Quai des brumes et, comme il y a vingt ans, de mauvais anges les guettent, qui n’ont pas encore la barbe mais déjà la noirceur de Michel Simon.

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La fameuse Carte Postale de François Truffaut

Voici la carte postale qu’a envoyé François Truffaut à Marcel Carné à la suite d’une projection de Terrain Vague (pour s’excuser peut-être du mal qu’il avait pu lui faire par le passé ?) :


Et voici le texte de cette fameuse carte postale :

Cher Monsieur,
je suis allé voir hier soir, ici (à Carcassonne), « Terrain Vague« . La salle était pleine et annonçait « exceptionnellement continuation de « Terrain Vague« , la semaine prochaine ». Le public était d’abord (sic) intrigué puis attentif, de plus en plus intéressé et enfin réellement ému. je vous écris cela car j’ai réagi exactement comme (sic) le public ; il y a, dans ce film, des pointes de vérité très aigües et des moments irréels très purs. j’ai lu des articles très injustes, j’espère vous faire plaisir avec cette carte comme vous m’avez fait plaisir avec ce film ; je n’ai jamais fait partie d’une bande et pourtant j’ai respiré dans « Terrain Vague » des bouffées de ma propre adolescence.
Admirativement vôtre.
François Truffaut.

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Affiches


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LIENS

1 – La page consacrée au film sur le site incontournable DVDTOILE.
2 – La critique du film sur le site Il Etait Une Fois le Cinema.
3 – Une courte critique sur le site d’ARTE.
4 – Une biographie du producteur Tivi Magnusson qui a débuté au cinéma dans « Terrain Vague ».
5 – La critique du DVD sur le site Kino Digital.

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Un Commentaire

  1. Fernandez
    Publié le 2 juin 2013 à 15 h 15 min | Permalien

    C’est le premier film de Marcel Carné qui m’ait déçu, du fait des dialogues et de la pauvreté de l’intrigue. Par contre, comme en témoigne plus haut Henri-François Rey, les images sont belles et désormais nostalgiques, évoquant une époque charnière de transformation sociale et urbaine de la banlieue de Paris.

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