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L’AIR DE PARIS (1954)

Fiche TechniqueSynopsisRevue de Presse La version romancée du scénario par Jean NeryPhotographies –  AffichesLiensLa Bande-Annonce (Dailymotion)

FICHE TECHNIQUE

Scénario : d’après le roman de Jacques Viot, La Choutte.
Adaptation : Marcel Carné et Jacques Sigurd.
Dialogues : Jacques Sigurd.
Images : Roger Hubert, assisté de René Guissart et d’André Dumaître (extérieurs à Paris).
Cadreur : Adolphe Charlet.
Scripte : Christiane Nat & Christine Souillaud (non créditée).
Décors : Paul Bertrand, assisté de Pierre Allan.
Robes : Balenciaga.
Maquillage : Boris Karabanoff & Jean Ulysse.
Coiffure : Huguette Lalaurette.
Régisseur général : André Hoss.
Régisseur adjoint : Jean Pieuchot.
Régisseur ensemblier : Roger Volper.
Montage : Henri Rust, assisté de Madeleine Bagiau & Monique Bonnot.
Son : Antoine Archimbaud.
Musique : Maurice Thiriet, Chanson de Francis Lemarque et Bob Castella interprétée par Yves Montand.
Directeur de production : Lucien (Léon?) Carré.
Administrateur de production : Pierre Bochart.
Assistants réalisateurs : Pierre Blondy, Pierre Granier-Deferre, Lou Bonin.
Photographe de plateau : Walter Limot.
Interprètes : Jean Gabin (Victor Le Garrec), Arletty (Blanche Le Garrec), Roland Lesaffre (André Ménard), Marie Daems (Corinne), Jean Parédès (Jean-Marc, le couturier), Simone Paris (Chantal), Folco Lulli (l’épicierAngelo Posi), Ave Ninchi (Mme Angela Pozzi), Maria-Pia Casilio (Maria Pozzi), Marcelle Praince (la vieille dame), Mathilde Casadesus (la voyageuse au bébé), Maurice Sarfati (Jojo), Lucien Raimbourg (l’employé de l’Hôtel-Dieu), Séraphin Ferrer, Legendre & Streicher (les boxeurs), Roger Michelot (l’entraîneur), Jean Bellanger (le voyageur au bébé), Gil Delamare (le copain d’André), Simone Duhart (la taulière), Jean-François Poron & Eugène Stuber (deux spectateurs), Henri Coutet & Jimmy Perrys (deux ouvriers au bistrot des Halles), Nicole Régnault, les speaker & soigneurs du Central Sporting Club de Paris.
Coproduction : Silver Films (Robert Dorfmann), Cino Del Duca Film/Paris, Galatea/Rome.
Tournage : 01 mars au 14 mai 1954.
Sortie : 24 septembre 1954, précédée d’un gala à Monte-Carlo, le 15 août.
Distribution : Les films Corona.
Durée : 110 minutes.
Studio : Paris-Studio-Cinéma (Boulogne-Billancourt).
Extérieur : Paris.
Laboratoires GTC Joinville.
Titre italien : Aria di Parigi.
VISA : 15.287.
Distinctions : Coupe Volpi (prix d’Interprétation attribué à Jean Gabin) au Festival de Venise (1954) ; Grand Prix du cinéma (Japon, 1954) ; Sélection américaine du meilleur film étranger.

Cette fiche technique a été complétée grâce au travail de l’équipe de L’@ide-Mémoire emmené par Armel de Lormes et de son imposante oeuvre intitulée : L’Encyclopédie des longs métrages français de fiction 1929-1979 (dont le tome 2 est sorti en Juillet 2010).

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SYNOPSIS

Victor Garrec est un ancien boxeur qui dirige maintenant une salle d’entraînement. Un rêve l’habite: découvrir, un jour, un talentueux poulain, pour en faire un grand champion.  Sa rencontre avec un certain André Menard, va peut-être lui permettre de concrétiser son rêve… Cependant, rapidement, Victor doit subir les reproches de Blanche son épouse qui se sent délaissée.

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REVUE DE PRESSE

LE PARISIEN LIBÉRÉ, 30/9/1954 (André Bazin)
Comme Thérèse Raquin, l’Air de Paris comporte d’admirables moments, des séquences quelquefois fascinantes, mais l’ensemble du film laisse l’impression amère d’une oeuvre déséquilibrée, désorientée, et comme intérieurement trahie… Rien, hélas, ne manque à ce mauvais feuilleton qui n’étonnerait pas dans une certaine presse sentimentale, mais qu’on regrette tout de même de voir dignifié sur l’écran par le talent d’un grand metteur en scène.
LES LETTRES FRANÇAISES, 30/9/1954 (Georges Sadoul)
… qu’on ne crie pas à l’excès, au misérabilisme. Tous ces traits sont justes, typiques, valables pour des centaines de milliers de travailleurs parisiens, jeunes ou non. Jamais peut-être, depuis quinze ans, un film français n’avait peint avec une telle vigueur la vie privée d’un ouvrier.
LIBÉRATION, 30/9/1954 (Simone Dubreuilh)
L’Air de Paris est un air que respireront à pleins poumons les vrais amoureux de Paris, ceux aussi pour qui Marcel Carné demeure un des grands maîtres du réalisme cinématographique français.
ASPECTS DE LA FRANCE, 1/10/1954 (Georges Hellio)
… comment taire la tristesse qui émane de tous ces personnages, à commencer par notre manager que tourmente un démon d’après-midi plus qu’un tantinet équivoque?… Il se dégage de ce film je ne sais quelle impression de ressassement, on y étouffe… Ce qui manque le plus à l’Air de Paris, c’est un peu d’air précisément.
LE FIGARO LITTÉRAIRE, 2/10/1954 (Claude Mauriac)
Ce film serait-il plus complexe qu’il ne nous avait d’abord semblé? Il entre quelque nuance dans ses portraits : le personnage d’Arletty a notamment ses ombres et n’en revêt que plus de vérité… Malgré ses poncifs et ses prétentions, l’Air de Paris n’est donc pas sans qualités. Une certaine humanité fondamentale et vraie apparaît sous les artifices de surface. C’est comme une belle âme que trahirait un visage maniéré.
CARREFOUR, 29/9/1954 (Jean Dutourd)
L’Air de Paris, dernier film de Marcel Carné, est un film très intéressant, avec des parties de chef-d’œuvre, de grandes parties de chef-d’œuvre même, et des parties de navet… L’Air de Paris est prêt pour le recueil de morceaux choisis : il suffit de couper tout ce qui n’a pas trait à la boxe. Il suffit de couper l’histoire d’amour et la description du grand monde.
LES NOUVELLES LITTÉRAIRES, 29/9/1954 (G. Charensol)
… quand Marcel Carné choisit, pour l’Air de Paris, son nouveau film, un thème incroyablement usé, la perfection de sa technique ne suffit pas à nous retenir.
DIMANCHE MATIN, 30/10/1954 (François Vinneuil)
Sans doute, dans tout ce qui est description — intérieurs, paysages, atmosphère —, on retrouve ce réalisme précis et jamais pesant qui nous séduisait déjà chez Carné dans son Nogent de 1929. Mais cette toile de fond disparaît sous les fadaises, les lourdeurs, les bassesses du dialogue, la sottise des situations feuilletonesques. Et l’on finit par déplorer qu’un tel soin du détail soit dépensé pour une pareille ânerie.
COMBAT, 30/9/1954 (M. Arlaud)
Est-ce digne de Carné ? Pas digne de Carné ? Du vrai Carné ? Du faux Carné ? Du vieux Carné ? Du futur Carné ? Qu’est-ce que ça peut bien nous faire ? Il y a en tout cas dans L’Air de Paris un milieu qui enfin n’est pas le milieu, cet antre artificiel où tant de mauvais réalisateurs nous ont entraînés et où tant de bons vont nous ramener. Non, ce milieu est simple, vrai, direct; c’est celui qui précède la grande foire de la boxe, celui des salles d’entraînement avec son odeur aigre, sa pureté naïve, ses espoirs et cette part de rêve à bon marché qui se distille là avec des bleus et de la sueur. Ceci est un mérite et ce morceau est parfaitement traduit avec sa médiocrité et sa vie, cette sorte de bas romantisme qui l’apparente aux studios écoles de théâtre. De là, Carné arrive à la scène du Central. C’est du grand travail, c’est le reportage reconstruit du peuple en passion, c’est une sorte de contrepartie des Enfants du paradis, c’est vraiment un magistral coup de poing dans l’écran, un direct dans la figure de tous les spectateurs.
CINÉMA 55, novembre 1954 – n° I (Pierre Billard)
On peut chicaner sur le scénario. On le doit même, car il est imparfait : certains épisodes sont mal venus et certains personnages (les représentants du « grand monde » en général) manquent vraiment de consistance… l’admirable, c’est l’air de Paris qui entoure toute cette histoire. La vie d’une petite salle du côté de Grenelle où de jeunes boxeurs amateurs viennent mettre les gants, après le boulot et filent, joyeusement, le dimanche, vers quelque obscur combat en banlieue, la vie enfumée et misérable des Nord-Africains dans leur hôtel de la porte de Saint-Ouen, l’atmosphère si chaleureuse qui règne chez l’épicier du coin, voilà le vrai sujet de l’Air de Paris et celui-là, il est traité sans défaillance aucune.
Encyclopédie des Longs Métrages français de fiction 1929-1979 (Armel De Lorme)
Il y a beaucoup de malhonnêteté dans L’Air de Paris. D’abord, celle consistant à aller tirer de leur purgatoire cinématographique, quinze ans après Le jour se lève, Gabin et Arletty à seule fin de promouvoir le talent – supposé – de Roland Lesaffre, comédien sincère mais approximatif. Ensuite, celle consistant à choisir pour donner la réplique à ce dernier une jeune première suffisamment peu photogénique pour ne pas lui faire trop d’ombre. Enfin, celle consistant à ne parler d’homosexualité et uniquement d’homosexualité sans avoir le courage de le faire frontalement (la censure a bon dos !). Parce que c’est ça, L’Air de Paris, l’histoire d’un entraîneur de boxe amoureux sans se l’avouer de son poulain, lui-même vaguement amoureux, mais pas plus que ça d’une poule de luxe entretenue par une riche mondaine faisant commerce d’antiquités. Sauf qu’évidemment, tout est pensé, écrit, filmé pour que le grand public, n’y voit que camaraderie virile entre les deux premiers, association  » commerciale  » entre les deux secondes. Film queer et malin avec les centrals de boxe comme alibi  » hétérosexuel  » ultime ? Même pas : film roublard avant tout, pour ne pas dire démissionnaire. Là est toute la différence entre une comédie second degré, du type Certains l’aiment chaud, et un drame à tiroirs que l’on aurait souhaité voir traiter de façon à la fois plus courageuse et sans l’accumulation laborieuse, triviale (et du reste inutile) d’indices adressés comme autant de clins d’œil appuyés au spectateur bien informé, de la follitude assumée de Jean Parédès à la coiffure à la  » Sioux  » de Marcelle Praince, de la butcherie de Simone Duhart à la remarquable composition de Simone Paris en lesbienne vieillissante et jalouse. Défauts amplement compensés, il est vrai, par un casting top niveau (ou presque), allié à une grande sûreté dans la direction d’acteur. Du vétéran Gabin (livrant ici une de ses meilleures interprétations des années Cinquante) au débutant Maurice Sarfati, de Marie Daëms (classieuse de bout en bout, touchante dans le cynisme) à Simone Paris (sobrissime et troublante), tous – Lesaffre excepté – sont parfaits, Arletty devançant comme de juste ses camarades d’une courte tête. Décidément inspirée par les héroïnes prénommées Blanche (de la Blanche Dubois du Tramway à la Mme Blanche de la version Siodmak du Grand Jeu), elle trouve ici son rôle le plus riche et le plus complet – depuis Garance – à l’écran, en même temps qu’elle fait vivre, entre gouaille et rosserie, lucidité et générosité, sécheresse et tendresse, l’un des plus beaux personnages féminins de toute l’œuvre cinématographique de Carné. Chapeau bas.

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La version romancée par Jean Nery

Le producteur Cino Del Duca qui la même année produisit le classique Touchez Pas au Grisbi de Jacques Becker édita une version romancée du scénario de L’Air de Paris d’après une adaptation cinématographique de Jacques Sigurd et Marcel Carné. Ce livre a été écrit par le critique Jean Néry, édité en 1954. Il est bien sur épuisé. Signalons qu’à la base il s’agissait d’un roman de Jacques Viot, l’un des scénaristes de Carné par ailleurs, qui s’appellait La Choutte.

 

 

Photographies

Rare photographie du tournage de l’Air de Paris avec Jean Gabin, Roland Lesaffre, Marcel Carné, Séraphin Ferrer.

Cette photographie appartient à la collection personnelle du photographe et collectionneur Michel Giniès.

Avec son aimable autorisation.

Copyright the Carne Archives

Copyright Collection Carné/Lesaffre

Copyright André Bernard

Copyright Collection Carné/Lesaffre

Copyright Collection Carné/Lesaffre

Couverture kitschissime de la revue Festival n°265 paru en 1954.

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Affiches

 

L’affiche originale ALLEMANDE (60x80cm)

– Collection Nicolas Ruet

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LIENS

1 – La page consacrée au film sur le site incontournable DVDTOILE.
2 – La fiche du DVD sur le site DVDFR.
3 – Une critique du DVD sur le site DVDRAMA.
4 – Une critique technique du DVD sur le site KINO DIGITAL.
5 – L’analyse du film « crypto-gay » (sic!) sur le site Les Toiles Roses.

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BANDE-ANNONCE (Dailymotion)

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