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LA MARIE DU PORT (1950)

Fiche TechniqueSynopsisRevue de PresseStory (english)Comments (english)AffichesLiensExtrait avec Jean Gabin et Nicole Courcel (Youtube)

FICHE TECHNIQUE

Scénario : d’après le roman de Georges Simenon.
Adaptation : Louis Chavance.
Dialogues : Georges Ribemont-Dessaignes [Jacques Prévert, non crédité].
Images : Henri Alekan.
Décors : Alexandre Trauner, Auguste Capelier.
Musique : Joseph Kosma.
Montage : Léonide Azar.
Son : Antoine Archimbaud.
Directeur de production : Ludmilla Goulian.
Interprètes : Jean Gabin (Chatelard), Nicole Courcel (Marie), Blanchette Brunoy (Odile), Julien Cazette (Viau), Jane Marken (la patronne du café de la Marine), Claude Romain (Marcel),
René Blancard (le pilote du chalutier), Louis Seigner (l’oncle), Robert Vattier (le client refusé à la brasserie), Olivier Hussenot, Odette Laure, Gabrielle Fontan, Christian Fourcade et Roland Lesaffre.
Production : Sacha Gordine.
Distribution : Corona.
Tournage : Studio de Joinville ; extérieurs Cherbourg.
Sortie : 18 février 1950, au Marignan et au Marivaux (Paris).
Durée : 88 minutes.
Note : Dernier film où collaborent Carné et Prévert (sa participation n’étant pas créditée) et premier où apparaît Roland Lesaffre.

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SYNOPSIS

Un riche commerçant de Cherbourg, un certain Henry Chatelard, accompagne sa maîtresse à l’enterrement de son père. Au cours de la cérémonie, il fait connaissance de la jeune soeur de sa maîtresse.
Celle-ci, terriblement ambitieuse, lui fait une forte impression.

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REVUE DE PRESSE

L’ÉPOQUE, 22/3/1950 (Roger Régent)
C’est plutôt l’atmosphère dans laquelle est inséré le récit qui est attirante et c’est certainement cela qui a tenté Carné. Mais comme par ailleurs il était décidé à réaliser un film de transition, sans luxe esthétique exagéré, il a visiblement réprimé les tentations qu’il aurait pu avoir d’orner son oeuvre, de l’élever jusqu’au lyrisme, qui est la base même de son style.
LIBÉRATION, 15/3/1950 (Jeander)
…que ce film soit moins brillant peut-être que les autres Carné qui nous a toujours gâtés par d’éblouissantes virtuosités, c’est incontestable; mais cette Marie du port, par sa sobriété, par la qualité de son interprétation et celle — étonnante — des images d’Alekan, bref, par sa ligne, est une oeuvre digne du réalisateur du Quai des brumes et des Enfants du paradis.
LE PARISIEN LIBÉRÉ, 16/3/1950 (Jacqueline Michel)
La Marie du port n’est sans doute pas, dans l’oeuvre de Carné, une cathédrale, mais c’est une belle église romane, sobre et pure, sans rugosité et avant Viollet-Le-Duc.
L’AURORE, 16/3/1950 (Claude L. Garson)
Un film un peu démodé qui ressemble trop au cinéma de 1939 et pas assez à celui de 1950. Marcel Carné réédite son ancien succès le Quai des brumes, sans s’apercevoir que, depuis, l’histoire du cinéma a été marquée par Paisa, le Troisième Homme… Dans ces derniers, l’air qu’on y respire est celui de tous les jours, chez Marcel Carné, l’ambiance empoisonnée dans laquelle on vit est une ambiance fabriquée.
FRANC-TIREUR, 16/3/1950 (Jean Néry)
Il se passe peu de choses dans le film, sinon d’immenses drames intérieurs. Drame de l’homme qui ne veut pas abdiquer, drame de la maîtresse nonchalante et délaissée, drame de l’adolescente ambitieuse et qui doute, par instants, de son pouvoir de séduction, drame du jeune amoureux évincé, de la cupidité paysanne, de la médiocrité provinciale. N’y en a-t-il donc pas assez? Et pour ma part, j’admire avec quelle souplesse, avec quelle habileté ils nous sont exposés.
LE MONDE, 17/3/1950 (Henry Magnan)
Tout, ou à peu près tout, se déroule en pleine clarté, que cette clarté tombe du soleil qui sèche les varechs d’un port de pêche ou bien des tubes de néon d’une grande brasserie. Aucune question sociale ne se pose. Les individus seuls comptent, qui se meuvent au sein d’une intrigue très simple.
LE FIGARO LITTÉRAIRE, 25/3/1950 (Claude Mauriac)
Marcel Carné… a sacrifié Jean Gabin à la petite Nicole Courcel… Ce qu’il a fait autrefois dans le Quai des brumes pour Michèle Morgan, tout semble annoncer qu’il vient de le réussir, douze ans après, avec Nicole Courcel. Je veux dire qu’il a pris une toute jeune fille, jolie certes, et pleine de talent, mais aux dons virtuels, au visage non encore dessiné, à l’âme incertaine, et qu’il en a fait cela dont nous n’avions précisément plus eu la révélation dans le cinéma français quant aux femmes depuis la création de Michèle Morgan : une figure féminine qui ne ressemble à rien de ce qui l’avait précédée dans la littérature ou dans quelque art que ce fût, et qui se mue en un type dont notre mythologie ne pourra plus se passer.
LES LETTRES FRANÇAISES, 13/4/1950 (Georges Sadoul)
La conscience de la destinée —immanente dans toute l’oeuvre de Carné — est ici pratiquement remplacée par le laisser-aller de personnages à vau-l’eau, qui prennent la vie « comme elle vient ». Souhaitons donc au grand réalisateur de pouvoir, dans son prochain film, choisir son sujet et y poser, sous un jour nouveau et vraiment actuel, le problème du Destin. Il dépend des hommes (entre autres des réalisateurs dont les films ont sur le public une si profonde influence) de briser la prétendue fatalité de la guerre.
LE ROUGE ET LE NOIR, 28/3/1950 (Henri Troyat)
Bien agencé, bien mené, bien dialogué, le nouveau film de Marcel Carné pèche cependant par une disproportion flagrante entre la minceur de l’intrigue et l’ampleur des moyens mis en oeuvre pour l’illustrer. A un sujet ténu comme un fil, Carné a accroché des tableaux soignés et pesants qui risquent à chaque instant de faire craquer le support.
L’ÉCRAN FRANÇAIS, 20/3/1950 (Roger Boussinot)
Le trouble que j’ai cru voir dans ce dernier film de Marcel Carné serait tout à l’honneur de celui-ci : il serait la preuve que l’auteur de la Marie du port ne se laisse plus abuser par un certain populisme à l’usage des esthètes, qu’il a longtemps cru correspondre à la réalité.
LE FIGARO, 17/3/1950 (Louis Chauvet)
Nul ne s’avisera de prétendre (en effet) que le scénario de la Marie du port soit d’une originalité bouleversante. Mais, tandis que les tâches faciles, généralement, inclinent à l’indolence, Marcel Carné, lui, n’abdique pas le moins du monde son goût de la recherche vigoureuse et du travail très bien fait. Voilà ce qui distingue son film des films commerciaux ordinaires.

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STORY (english)

In Jean Queval. Marcel Carne. New index series n°2 – BFI. November 1950.

Chatelard, a middle-aged hotel proprietor in Cherbourg, has pleasant, easy manners and a touch of vulgarity akin to his trade. Obviously a playboy in his youth, he develops into a kind of tough, worldly sugar-daddy. He is a case of cynicism and repressed sentimentality. His mistress is a lazy woman, slightly younger than he, quite happy but not unwilling, one gathers, to indulge in a brief affair with a younger man and vaguely contemplating security for her later days in the shape of a hairdresser’s chop in Paris belonging to a former lover. She has a younger sister, whom she introduces to Chatelard when the family (strict, puritanical Norman peasants) is assembled in the small harbour of Port-en-Bessin for the father’s funeral. The eider sister is much despised by her family for living in sin, and Marie has resolved to fare better. Her first meeting with Chatelard will not be forgotten by either. While she works as a maid at a local hotel, an apprentice hairdresser, a nervous romantic creature, the son of a drunken yacht owner, falls in love with her, and she is not particularly kind to him. Chatelard returns to Port-en-Bessin to buy the yacht at an auction, and to see Marie again. When the young man realises Marie does not love him, he quarrels with his father, drinks heavily and leaves home. He is knocked down by Chatelard’s car on the road ; Chatelard takes him to his home, where he forgets Marie and is discovered a few days later by Chatelard in bed with his mistress. Marie decides also to go to Cherbourg. Chatelard fails to persuade her to stay, listens to her reasons for going, is obviously touched, but lets her go. Then he has second thoughts. He goes after her in his car and proposes marriage. Marie has won.

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COMMENTS (english)

In Jean Queval. Marcel Carne. New index series n°2 – BFI. November 1950.

Were it not a Carné film, La Marie du Port would in itself call for little comment. It has all the polish, skill and restful visual qualities associated with efficient routine works. As a Carné film, it is chiefly notable for lack of scope in its subject matter, treatment and ambition ; this can best be explained by Carné’s determination to find a slight subject that would re-establish him the confidence of producers after nearly three years of idleness and rejected plans. Minor as it is, the film is distinguished by its craftsmanship throughout, by its pace and the masterly direction of players. One may, of course, speculate as to whether this choice of subject, financially very modest, is or is not an indication of Carné’s uneasiness about the present trend of avant-garde film­making. Many of the best European films nowadays are made with remarkably little money, but achieve an impact through contemporary urgency and passionate conviction. Years ago, Carné had an intuition of things to come in the cinema, but with many current points of view he has remained out of touch. This aspect of La Marie du Port can be over-laboured, for it is a straightforward film owing much to the able adaptation and apt, sober dialogue of Louis Chavance, in which Carné has, so to speak, exchanged modern myths for some individual psychology.
The presentation of character is admirable. Each, except Marie herself, with her cold Norman determination, is faced with the possibility of choice, and there is some accurate and telling insight into personality. Gabin plays one of the two parts in recent films in which he appears as a slowly ageing man, at last opened to the issues life provides and halfway toward bourgeois success. Perhaps his eventual wedding with Marie is conclusive ? The other similar part has been in Martin Roumagnac, with Marlene Dietrich, and it is also relevant to mention Au delà des Grilles. That he has become a very good actor, and does not simply rely on his impressive presence and personality, was further witnessed when he appeared in Henri Bernstein’s play, Le Soif, in Paris. It is impossible, though, not to prefer his first Carné films to his trilby hat period. Perhaps in ten years’ time, La Marie du Port will be mainly remembered for the remarkable performance by Nicole Courcel, after her rather undecided promise in Jacques Becker’s Rendezvous de Juillet.
 » With equal means, genre for genre, I do not believe that any other recent film equals this one, at least in perfection of style. » (Louis Chauvet, Le Figaro, March 3, 1950.)
 » Were it not Carné’s new film, one would note gratefully the well-directed performance of Nicole Courcel, seductively equivocal, the authentic Channel port environment and witty dialogue, and say that a slight, unambitious subject had been ably handled. But, remembering the deeper tones of Carné’s films noirs . . . and contrasting (unfairly) Gabin the young outlaw with Gabin mellowed, humorous and eligible, one feels that Carné should do better things.. . Though the milieu is similar to that of earlier films, he has endeavoured to treat it differently and to achieve a comedy tone. Referring to his work generally, he said :  » One expresses oneself through the air of the Limes. 1f I were to remake Les Visiteurs du Soir to-day, I should get rid of the now dated aestheticism and the ballet motif, and be more concerned with warm humanity. »
(Catherine de la Roche, Sight and Sound, May, 1950.)

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Affiches

 

L’affiche originale DANOISE (62×85 cm)

– Collection Nicolas Ruet

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LIENS

1 – La page consacré au film sur le site incontournable DVDTOILE.
2 – Une critique technique du DVD sur le très intéressant site KINO DIGITAL.
3 – Une critique du film sur le site du SEATTLEPI (english review).

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EXTRAIT AVEC JEAN GABIN et NICOLE COURCEL (Youtbe)

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