Le scénario illustré en couleurs édité pour une soirée privée en 1942



LES VISITEURS DU SOIR (1942)

– Le très rare scénario illustré –


Ce scénario illustré est sans aucun doute l’un des objets promotionnels les plus rares des Visiteurs du soir. Il est possible de le voir de temps en temps sur des sites de ventes aux enchères autour de 400 euros !!

Il s’agit d’un cahier à spirales de six feuillets recto verso dont les dimensions sont 31,5 x 23,5 cm. Entre les feuillets sont intercalées des feuilles calque dont la première et la dernière sont imprimées. De plus la couverture est gaufrée avec des motifs en couleurs en relief. Cette pièce est d’autant plus unique que toutes les pages sont en couleurs et qu’elle contient un synopsis développé, un traitement de l’histoire du film qui est resté totalement inédit à ce jour.

Il semble qu’elle ait été éditée à l’occasion d’une projection privée le 4 décembre 1942 au cinéma Lord Byron à Paris qui se trouvait au 122, avenue des Champs-Élysées (à l’emplacement de l’actuel Bistro Romain). Notons que le film sortira le lendemain, le 5 décembre, en exclusivité au cinéma Madeleine et au Lord Byron.

Il est indiqué que cette plaquette a été vendue au profit des Oeuvres sociales du cinéma.

L’auteur de ce magnifique scénario illustré est inconnu (peut-être René Péron qui a illustré l’affiche du film), comme bien souvent, mais une indication en bas à droite de la dernière page nous apprend qu’elle a été conçue par Dufournet qui était un éditeur et créateur publicitaire à Paris au 74, rue Blanche. Par contre, nous pouvons affirmer qu’il a été supervisé par Jean Mounier, directeur de la publicité pour Discina (société de production d’André Paulvé), cf le site consacré à Jean Mounier.

Vous pouvez lire par ce lien direct le synopis développé du film exclusif à ce scénario illustré, inédit à ce jour.








Voici les deux très beaux dessins figurant en page centrale de cette plaquette :



Et voici quelques détails de ces dessins :







Voici chaque dessin ornant chacune des pages de cette plaquette représentant l’un des acteurs principaux de ce conte :







L’une des deux feuilles calque imprimées.


– Le synopsis développé du film inédit à ce jour –

Cette légende couleur d’amour et de mort appartient aux fantômes oubliés qui hantent encore les solitudes de la pitié. On la contait jadis dans les demeures seigneuriales. Les murs orgueilleux sont tombés, démantelés par les hommes et par le temps. Les troubadours se sont évanouis dans le passé…
… Mais leur belle histoire est venue jusqu’à nous portée par le vague (sic) des siècles défunts.


En ce joli mai 1485, le baron Hugues célèbre en son château les fiançailles de sa fille Anne avec l’un de ses hommes de guerre : le chevalier Renaud. Baladins, danseurs, trouvères, jongleurs, montreur de monstres, contribuent à l’éclat de la fête, quand arrivent deux ménestrels de bonne mine dont l’art est de chanter l’amour et ses jeux cruels et tendres. Mais si Gilles et Dominique chantent si bien l’amour, c’est pour mieux le tourner en dérision. Fidèles serviteurs du Diable, leur sort sur terre est de troubler les amours des humains. Et c’est pourquoi Gilles réussit à séduire Anne cependant que Dominique gagne les hommages du chevalier Renaud et du baron Hugues. Au cours d’une chasse, alors que Gilles et Anne oublient les heures près d’une fontaine fleurie sous les oliviers, Dominique use des artifices de sa beauté pour amener les deux seigneurs à perdre leur âme. Quand à Gilles il lui suffit de quelques phrases cruelles pour vouer au désespoir celle qui vient de s’abandonner à lui.

Mais au cœur glacé de Gilles la tendresse éperdue et la confiance de la jeune fille ont ranimé une cendre presque éteinte : le souvenir de sentiments qu’il croyait morts à jamais avec un passé détestable. C’est pourquoi malgré les sarcasmes de Dominique, oubliant le pacte qui le lie au Démon, il va retrouver Anne dans sa chambre pour lui parler d’amour. Et, tous deux, avec l’imprudence éternelle des amants, constatent que rien ni personne ne peut désormais les séparer. Dans le fracas de la foudre, l’éblouissement des éclairs, l’odeur du soufre et des arbres calcinés, un cavalier de haute mine surgit devant la poterne du château. Un voyageur surpris par l’orage demande l’hospitalité. Le Diable est dans la place. Inquiétant, sardonique, bonasse, souriant, aimable, grimaçant, il a tôt fait de mener à bonne fin son jeu cruel.

Grâce à ses insinuations perfides, Gilles surpris dans la chambre d’Anne est enchainé (sic) dans le chenil pour y attendre la mort dans les supplices. Puis avec l’aide de Dominique, il oppose Renaud à Hugues et fous de jalousie les deux hommes décident de s’affronter dans un duel sans merci. Le malin a gagné la partie. Il ne lui reste plus qu’à se montrer devant Anne dans l’appareil de sa puissance pour achever son œuvre maligne. Mais la jeune fille ne croit pas au Diable. Elle n’appartient qu’à Gilles. Et tous les sortilèges du démon resteront inutiles. C’est en vain que lui faisant avouer son amour à la face de tous, il fait jeter Anne dans le chenil en compagnie de Gilles… C’est en vain qu’il fera tuer Renaud par le baron Hugues… C’est en vain que Dominique entrainera (sic) le vieux seigneur vers les séjours infernaux. Seul le souvenir des heures vécues près de la fontaine aux oliviers demeure au cœur des amants.

Le Diable pour conquérir la jeune fille doit libérer Gilles sur une promesse illusoire… Car pour la première fois Anne vient de mentir ; quand on aime tout est permis pour sauver son amant… Gilles libéré mais privé de mémoire se rencontre à la fontaine aux oliviers avec Anne venue pleurer sur son bonheur perdu. Devant elle il retrouve le souvenir merveilleux des heures oubliées, des mots murmurés lèvres à lèvres. Le Diable, fou de rage, transforme les amants enlacés en statues de pierre… Ils resteront éternellement pétrifiés dans leur étreinte… Mais l’amour prodigieux de Gilles et Anne survivra à la métamorphose. Sous les froides poitrines de granit deux cœurs vivants continuent à battre au rythme d’une indicible passion.

Telle est l’histoire venue d’un passé légendaire que nous avons voulu vous raconter ce soir.


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2 Commentaires

  1. Publié le 16 mai 2011 à 21 h 07 min | Permalien

    Je crois que c’est un document exceptionnel que j’ai parcouru dans ma jeunesse. Un exemplaire était à la maison d’ailleurs et qui se trouvait être recouvert d’un film d’or pour les ornements. Pour ma mère, qui a été élevée chez la tante de Marcel Carné, ouvrière chez ma grand-mère Audineau qui était couturière à l’époque, cela a été porteur d’un message car elle en parlait souvent, bien que celui-ci ne venait pas souvent à la maison. Je regarde, de temps en temps les friches de cette mémoire qui éclairait le visage de ma mère en son temps.
    Robert-Paris

  2. philippe
    Publié le 26 août 2014 à 16 h 43 min | Permalien

    un article en anglais sur ce document ainsi que celui des Enfants du Paradis : http://billdouglascentre.wordpress.com/2013/07/05/press-books-for-les-enfants-du-paradis-and-les-visiteurs-du-soir-by-sabine-starmanns/

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