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FICHE TECHNIQUE
Scénario : Pierre Rocher.
Adaptation et dialogues : Jacques Prévert et Jacques Constant.
Images : Roger Hubert.
Décors : Jean d'Eaubonne.
Musique : Joseph Kosma et Lionel Cazeaux.
Spiritual interprété par The Five Kentucky Singers.
Directeur technique : Jean Stelli.
Assistant : Pierre Blondy.
Montage : Ernest Hajos.
Interprètes : Françoise Rosay (Jenny Gauthier), Albert Préjean (Lucien Dancret),
Lisette Lanvin (Danielle Bricart),
Charles Vanel (Benoît), Jean-Louis Barrault (Le Dromadaire),
Sylvia Bataille (Florence), Margo Lion (Mme Vrack), Roland Toutain (Xavier),
Robert Le Vigan (L'Albinos),René Génin (le pêcheur du bistrot),
Roger Blin (le malade solitaire), Génia Vaury (la jeune femme au chien),
Louis Blanche, Raymond Segard (le fiancé londonien),
Daniel Clérice, Joseph Kosma (le joueur d'harmonium),
Enrico Glori, Pierre Piérade,
Marcel Mouloudji (le chanteur des rues à Paris).
Production : Réalisations d'art cinématographique (Albert Pinkévitch).
Sortie : 18 septembre 1936, au Madeleine-Cinéma (Paris).
Titres envisagés : Prison de velours; Argent de poche.
Durée : 95 minutes.
Distinction : Prix du meilleur film étranger (Japon, 1936).
SYNOPSIS
Jenny tient officiellement une luxueuse boîte de nuit. En réalité, ce lieu est une maison de rendez-vous et de jeux.
Jenny a un jeune amant qu'elle entretient. Sa fille arrive à Paris ignorant tout du métier de sa mère.
Lors d'une visite à la maison de rendez-vous, elle rencontre le jeune amant...
REVUE DE PRESSE
COMEDIA, 1936 (Fernand Lot)
On n'a pas oublié certain Nogent, Eldorado du dimanche, bande muette qui témoignait des possibilités du jeune cinéma démuni,
mais attentif à la vie... Carné n'a pas déçu ceux qui lui faisaient confiance et prouvé qu'il savait aujourd'hui bénéficier
de l'abondance de biens, comme il sut jadis s'en passer. Nul n'ignore qu'en art ceci est aussi difficile que cela !..
Un regret pourtant. Pourquoi avoir — encore une fois! — choisi un milieu humain si vil, des héros si peu intéressants?
L'ACTION FRANCAISE, 1936 (François Vinneuil [Lucien Rebatet] )
Marcel Carné signe pour la première fois un film important. Il est normal qu'il soit encore tout imprégné du réalisme amer de
M. Feyder. Sa Jenny, par tous les traits de sa mise en scène, appartient à l'atelier de Feyder. On ne songe pas le moins du monde
à le lui reprocher. On le félicite au contraire d'avoir su profiter si bien d'un utile enseignement, d'y avoir appris la maîtrise
du plateau, le goût du détail sans mesquinerie. Ce débutant paraît vraiment né pour composer des images de cinéma, ce qui est
jusqu'à présent chez nous un don assez rare (...), Mais ce qui déçoit, dans Jenny, c'est l'espèce d'inutilité dramatique de
cette histoire, hormis les sentiments accessoires que le décor peut inspirer (...).
La seule poétique que M. Carné paraisse capable de concevoir pour l'instant, c'est un baudelairisme de brasserie éventé, éculé
et qui a traîné sur toutes les banquettes du Montparnasse (...). Je crois justement savoir que M. Carné est de "gauche", pour
l'instant du moins. Ainsi Jenny confirmerait tout ce que l'on incline à penser à propos de l'influence déprimante des idéologies
socialistes sur les artistes, même lorqu'ils font oeuvre neutre, sur la tristesse qui imprègne tout, la vie quotidienne et les
productions de l'esprit dans les époques d'oppression et de chienlit marxiste comme celle que nous sommes en train de subir (sic).
LES NOUVELLES LITTERAIRES, 1936 (Alexandre Arnoux)
L'événement capital de ce début de saison, au moins du point de vue français, c'est certainement Jenny, film qui nous révèle un jeune
metteur en scène. Carné, retenez ce nom. Les amateurs avertis ne l'ignoraient pas tout à fait; ils se souvenaient d'un certain Nogent,
Eldorado du dimanche, reportage de la banlieue parisienne qui fut présenté, si j'ai bonne mémoire, aux Ursulines en 1929 ou 1930.
Cette petite bande pittoresque séduisait par sa fraîcheur, la variété des prises de vues, un sens aigu de l'atmosphère. Elle désignait
nettement son auteur à l'attention des maisons de production (...). On perçoit dans ce premier ouvrage sorti de sa main une sensibilité,
une sûreté, une entente du cinéma, une force intérieure qui promettent beaucoup. Ou je me trompe fort ou nous tenons un homme de grande
classe à qui je souhaite qu'on fournisse seulement l'argent et la liberté. Pour le reste, je le juge de taille à s'en charger lui-même.
STORY (english)
In Jean Queval. Marcel Carne. New index series n°2 - BFI. November 1950.
Jenny is the manager of a night club which harbours dubious activities. Her lover, Lucien, has been dragged into the gang against his will.
A man called Benoit is resolved to put an end to the affair between Jenny and Lucien, and employs a hunch-backed accomplice nicknamed Dromadaire.
Danielle, Jenny's daughter, is deserted by her fiancé because of her mother's life, and finds out the truth ; she confides in Lucien. The two fall
in love and decide to go away together. Lucien tells Jenny he is going to break with her, and then is badly injured and taken to hospital after a
fight with Benoit. Jenny goes to visit him, and Lucien explains that he is in love with a young lady, whose identity Jenny guesses.
COMMENTS (english)
In Jean Queval. Marcel Carne. New index series n°2 - BFI. November 1950.
On the face of it, a melodrama filled with conventions, and concocted for Françoise Rosay, this film is relieved by its adroit dialogue,
by its shrewd and vivid observation of character and mastery of visual narrative. Seen again today, it is important mainly for the promise it holds
of more mature work in the future. At the time, Carné still believed in shooting on location, and
hence the exterior scenes of misty banks, railway
bridges and dawns, which anticipate some of his more celebrated morceaux de bravoure in the later realistic films. They are oddly nordic and yet
typically Parisian.
Considered in the light of Carné's previous film experience, one can see that although it might be said he borrowed
Françoise Rosay from Feyder and
Préjean from Clair he has discovered his own vision.
Or is it that he is under Prévert's influence ? In 1936, it is difficult to decide who is the
dominating factor in a homogeneous, fertile collaboration between screenwriter and director that was to last for ten years. Certainly, their common
vision anticipates the times to corne. Fate and pessimism already invade the screen, and in fact, Carné seems to owe more in his first sound film to
Prévert than to either Feyder or Clair.
The cast is remarkable, and includes at least three artists who were to become important in other fields : Jean-Louis Barrault,
Joseph Kosma (then a
little-known musician), and Roger Blin, today one of the most intelligently influential men of the Paris stage.
" Two worlds meet : in one, love is vice or a trifle (or business) ; in the other, love is salvation." (Ciné-Club.)
LIENS
1 - La page consacrée au film sur le site incontournable DVDTOILE.
2 - La chronique en anglais du film sur le site de CHANNEL 4 (english review).
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