FICHE TECHNIQUE

Scénario : d'après La Choute, idée originale de Jacques Viot.
Adaptation : Marcel Carné et Jacques Sigurd.
Dialogues : Jacques Sigurd.
Images : Roger Hubert, assisté de René Guissart.
Décors : Paul Bertrand.
Robes : Balenciaga.
Montage : Henri Rust.
Son : Antoine Archimbaud.
Musique : Maurice Thiriet,
Chanson de Francis Lemarque et Bob Castella interprétée par Yves Montand.
Directeur de production : Lucien Carré.
Assistants réalisateurs : Pierre Blondy, Pierre Granier-Deferre, Lou Bonin.
Interprètes : Jean Gabin (Victor Le Garrec), Arletty (Blanche), Roland Lesaffre (André Ménard),
Marie Daems (Corinne), Jean Parédès (Jean-Marc), Simone Paris (Chantal), Folco Lulli (l'épicier Pozzi), Ave Ninchi (Mme Pozzi), Maria-Pia Casilio (Maria Pozzi), Marcelle Praince (la vieille dame),
Mathilde Casadesus (la voyageuse), Maurice Sarfati, Gil Delamare, Jean-François Poron et les boxeurs Séraphin Ferrer, Legendre et Streicher.
Coproduction : Silver Films (Robert Dorfinann), Del Duca Film/Paris, Galatea/Rome.
Tournage : mars-avril 1954. Sortie : 24 septembre 1954, précédée d'un gala à Monte-Carlo, le 15 août.
Distribution : Corona.
Durée : 110 minutes.
Distinctions : Coupe Volpi (prix d'Interprétation attribué à Jean Gabin) au Festival de Venise (1954) ;
Grand Prix du cinéma (Japon, 1954) ; Sélection américaine du meilleur film étranger.

SYNOPSIS

Victor Garrec est un ancien boxeur qui dirige maintenant une salle d'entraînement.
un rêve l'habite: découvrir, un jour, un talenteux poulain, pour en faire un grand champion.
Sa rencontre avec un certain André Menard, va peut-être lui permettre de concrétiser son rêve...
Cependant, rapidement, Victor doit subir les reproches de Blanche son épouse qui se sent délaissée.

REVUE DE PRESSE

LE PARISIEN LIBÉRÉ, 30/9/1954 (André Bazin)
Comme Thérèse Raquin, l'Air de Paris comporte d'admirables moments, des séquences quelquefois fascinantes, mais l'ensemble du film laisse l'impression amère d'une oeuvre déséquilibrée, désorientée, et comme intérieurement trahie... Rien, hélas, ne manque à ce mauvais feuilleton qui n'étonnerait pas dans une certaine presse sentimentale, mais qu'on regrette tout de même de voir dignifié sur l'écran par le talent d'un grand metteur en scène.
LES LETTRES FRANÇAISES, 30/9/1954 (Georges Sadoul)
... qu'on ne crie pas à l'excès, au misérabilisme. Tous ces traits sont justes, typiques, valables pour des centaines de milliers de travailleurs parisiens, jeunes ou non. Jamais peut-être, depuis quinze ans, un film français n'avait peint avec une telle vigueur la vie privée d'un ouvrier.
LIBÉRATION, 30/9/1954 (Simone Dubreuilh)
L'Air de Paris est un air que respireront à pleins poumons les vrais amoureux de Paris, ceux aussi pour qui Marcel Carné demeure un des grands maîtres du réalisme cinématographique français.
ASPECTS DE LA FRANCE, 1/10/1954 (Georges Hellio)
... comment taire la tristesse qui émane de tous ces personnages, à commencer par notre manager que tourmente un démon d'après-midi plus qu'un tantinet équivoque?... Il se dégage de ce film je ne sais quelle impression de ressassement, on y étouffe... Ce qui manque le plus à l'Air de Paris, c'est un peu d'air précisément.
LE FIGARO LITTÉRAIRE, 2/10/1954 (Claude Mauriac)
Ce film serait-il plus complexe qu'il ne nous avait d'abord semblé? Il entre quelque nuance dans ses portraits : le personnage d'Arletty a notamment ses ombres et n'en revêt que plus de vérité... Malgré ses poncifs et ses prétentions, l'Air de Paris n'est donc pas sans qualités. Une certaine humanité fondamentale et vraie apparaît sous les artifices de surface. C'est comme une belle âme que trahirait un visage maniéré.
CARREFOUR, 29/9/1954 (Jean Dutourd)
L'Air de Paris, dernier film de Marcel Carné, est un film très intéressant, avec des parties de chef-d'œuvre, de grandes parties de chef-d'œuvre même, et des parties de navet... L'Air de Paris est prêt pour le recueil de morceaux choisis : il suffit de couper tout ce qui n'a pas trait à la boxe. Il suffit de couper l'histoire d'amour et la description du grand monde.
LES NOUVELLES LITTÉRAIRES, 29/9/1954 (G. Charensol)
... quand Marcel Carné choisit, pour l'Air de Paris, son nouveau film, un thème incroyablement usé, la perfection de sa technique ne suffit pas à nous retenir.
DIMANCHE MATIN, 30/10/1954 (François Vinneuil)
Sans doute, dans tout ce qui est description — intérieurs, paysages, atmosphère —, on retrouve ce réalisme précis et jamais pesant qui nous séduisait déjà chez Carné dans son Nogent de 1929. Mais cette toile de fond disparaît sous les fadaises, les lourdeurs, les bassesses du dialogue, la sottise des situations feuilletonesques. Et l'on finit par déplorer qu'un tel soin du détail soit dépensé pour une pareille ânerie.
COMBAT, 30/9/1954 (M. Arlaud)
Est-ce digne de Carné ? Pas digne de Carné ? Du vrai Carné ? Du faux Carné ? Du vieux Carné ? Du futur Carné ? Qu'est-ce que ça peut bien nous faire ? Il y a en tout cas dans L'Air de Paris un milieu qui enfin n'est pas le milieu, cet antre artificiel où tant de mauvais réalisateurs nous ont entraînés et où tant de bons vont nous ramener. Non, ce milieu est simple, vrai, direct; c'est celui qui précède la grande foire de la boxe, celui des salles d'entraînement avec son odeur aigre, sa pureté naïve, ses espoirs et cette part de rêve à bon marché qui se distille là avec des bleus et de la sueur. Ceci est un mérite et ce morceau est parfaitement traduit avec sa médiocrité et sa vie, cette sorte de bas romantisme qui l'apparente aux studios écoles de théâtre. De là, Carné arrive à la scène du Central. C'est du grand travail, c'est le reportage reconstruit du peuple en passion, c'est une sorte de contrepartie des Enfants du paradis, c'est vraiment un magistral coup de poing dans l'écran, un direct dans la figure de tous les spectateurs.
CINÉMA 55, novembre 1954 - n° I (Pierre Billard)
On peut chicaner sur le scénario. On le doit même, car il est imparfait : certains épisodes sont mal venus et certains personnages (les représentants du « grand monde » en général) manquent vraiment de consistance... l'admirable, c'est l'air de Paris qui entoure toute cette histoire. La vie d'une petite salle du côté de Grenelle où de jeunes boxeurs amateurs viennent mettre les gants, après le boulot et filent, joyeusement, le dimanche, vers quelque obscur combat en banlieue, la vie enfumée et misérable des Nord-Africains dans leur hôtel de la porte de Saint-Ouen, l'atmosphère si chaleureuse qui règne chez l'épicier du coin, voilà le vrai sujet de l'Air de Paris et celui-là, il est traité sans défaillance aucune.


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La version romancée par Jean Nery

Le producteur Cino Del Duca qui la même année produisit le classique Touchez Pas au Grisbi de Jacques Becker édita une version romancée du scénario de L'Air de Paris d'après une adaptation cinématographique de Jacques Sigurd et Marcel Carné. Ce livre a été ecrit par le critique Jean Néry, édité en 1954. Il est bien sur épuisé. Signalons qu'à la base il s'agissait d'un roman de Jacques Viot, l'un des scénaristes de Carné par ailleurs, qui s'appellait La Choutte.






Copyright The Carne Archives (French library, Boston)


Copyright Collection Carné/Lesaffre


Copyright André Bernard


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Couverture kitschissime de la revue Festival n°265 paru en 1954.


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Affiches


LIENS

1 - La page consacrée au film sur le site incontournable DVDTOILE.
2 - La fiche du DVD sur le site DVDFR.
3 - Une critique du DVD sur le site DVDRAMA 4 - Une critique technique du DVD sur le site KINO DIGITAL.

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