
Marcel Carné, ma vie à l'écran, de Jean-Denis Bonan - 1994
Ce documentaire est le premier d'une série de trois inclus dans l'Edition collector double DVD édité par MK2 d'Hôtel du Nord en Octobre 2006.
Vous pouvez vous rendre aux pages spéciales qui leur sont consacrés en cliquant sur leurs titres respectifs.
Carné, vous avez dit Carné, de Jean-Denis Bonan - 1994
Marcel Carné, fragments et anecdotes, de Variety Moszynski - 1994
Jean-Denis Bonan est un réalisateur de documentaires qui a beaucoup travaillé pour la chaine Arte.
Il a notamment réalisé des documentaires remarqués sur Saint-John Perse (1995), ou Méditerranée, miroir du monde (1997) et plus récemment sur
Léopold Sedar Senghor (2006). C'est aussi un plasticien comme nous le montre ce lien.
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1 - Cliquez ici pour aller directement à la partie consacrée aux images du film inachevé Mouche
de Marcel Carné contenues dans le documentaire Marcel Carné, ma vie à l'écran.
2 - Cliquez ici pour aller directement voir quelques images supplémentaires du documentaire
Marcel Carné, ma vie à l'écran.
Marcel Carné, ma vie à l'écran, de Jean-Denis Bonan (53'19) - 1994
Ce premier documentaire est le plus intéressant car il s'agit principalement d'une interview de Carné par Didier Decoin qui a été le scénariste de son
dernier film, « La Merveilleuse Visite » (1974) ainsi que de nombreux projets inaboutis comme le fameux « Mouche » sur lequel nous reviendrons.
Nous suivons Carné dans des lieux emblématiques de sa carrière en commençant par La Goulue, fameuse guinguette de Joinville-le-pont, occasion
pour lui d'évoquer son premier court-métrage « Nogent, Eldorado du Dimanche » en 1929. Suivent le Ranelagh qui projeta durant des années « Les Enfants
du Paradis », puis le Musée de Montmartre où en 1994 fut organisé une grande exposition Marcel Carné, la seule d'ailleurs qui lui fut jamais consacrée.
Au chapitre des anecdotes, Carné rappelle que pour « Hôtel du Nord », si ça n'avait tenu qu'à lui, il aurait coupé le fameux « atmosphère » d'Arletty
qu'il trouvait trop écrit à la lecture du scénario. Et c'est simplement dû au talent et à la gouaille d'Arletty, qui en a fait ce que l'on connaît aujourd'hui,
que cette phrase figure parmi les plus connues du panthéon des dialogues de films français.
Carné évoque aussi son dernier film tourné « La Merveilleuse Visite » en 1974 par ce pitch : « L'ange du film est celui qui veut bien faire mais finira par être
détesté », ce qui pourrait très bien s'appliquer à sa carrière cinématographique. Mais c'est lorsqu'il évoque les films qu'il n'a pas fait que Carné est le
plus touchant. Ainsi « La Reine Margot » (avec Anna Magnani dans le rôle-phare sur un scénario de Jacques Viot en 1951. ndr), projet tellement
avancé qu'il en avait fait le découpage technique du film, gardant ainsi en mémoire des scènes qui n'ont pas été tournées et déclarant que ça lui suffit. Quand on sait
que Carné a eu autant de projets inachevés que de projets qui ont aboutis, on ne peut s'empêcher de penser à regret à tous ces films perdus.
Comme « Mouche » le film que Carné a essayé de réaliser durant les dernières années de sa vie dont nous pouvons voir quelques rushes inédits ici avec
notamment Wadeck Stanczak et Roland Lesaffre (le film a été arrêté au bout de 8 jours de tournage faute d'argent. ndr). Peut-être ce film tiré d’une
nouvelle de Maupassant sous influence des Impressionnistes, n'aurait peut-être pas été un chef d’oeuvre mais au vu de ce que Carné a donné au
cinéma français, on ne peut qu’être attristé à l’idée qu’il ait été abandonné sur son dernier film.
Lorsque Didier Decoin termine le documentaire en lui demandant « Votre dernier film est encore à venir ? », Carné répond avec une émotion qu'il
feint d'ignorer : « Si dieu le permet, si la destinée le permet, si c'est mon destin... » ce qui permet de clore ce chapitre par ce fameux destin qui hante
la plupart des films de Carné, ce destin ressemblant fort à la fatalité tel le personnage joué par Jean Vilar dans « les Portes de la Nuit ».
Ce documentaire a été filmé en 1994 deux ans avant la mort de Marcel Carné.
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