07.06.29 « Dans L’Usine Aux Images, Les Jeunes » (in.Cinémagazine)

Marcel Carné , Ciné-Reporter (1929-1934)

Marcel Carné , Ciné-Reporter (1929-1934)

Sortie prévue le 10 mars aux Editions La Tour Verte de notre anthologie des écrits de Marcel Carné lorsqu’il était critique, avant de devenir le cinéaste que vous connaissez.

Un deuxième volume est prévu ultérieurement.

Du coup, vous ne trouverez sur ce site que des extraits des articles et chroniques que nous avions retranscrit précédemment.

Nous avons consacré plusieurs pages spéciales sur notre livre à l’adresse suivante : http://www.marcel-carne.com/carne-et-la-presse/1929-1934/

www.latourverte.com

 

Article de Marcel Carné paru dans Cinémagazine n°23 daté du 07 juin 1929

Avant de lire cet article il me parait opportun de remettre les choses dans leur contexte.

Cet article est assez intéressant car le jeune Marcel Carné, il avait 23 ans, s’insurge contre la tendance en 1929 du milieu cinématographique français à ne pas laisser place aux jeunes contrairement à ce qui se passe aux USA et Carné soutient que le cinéma américain est ce qu’il est à cette époque grâce à des jeunes cinéastes comme Howard Hawks qui avait 33 ans à l’époque. Mais Carné cite aussi Joseph Von Sternberg (36 ans) ou Tod Browning (47 ans) !
Il appartiendrait à des historiens du cinéma de mieux re-situer cet article de Carné dans son contexte mais toujours est-il que derrière ces mots assez dur qu’il va avoir se cache sans doute une impatience du jeune Carné à ce qu’on lui donne sa chance. Il a à ce moment là, comme nous l’avons déjà rappelé, été assistant opérateur de Jacques Feyder et de Richard Oswald et son court-métrage Nogent, Eldorado du Dimanche n’est sorti dans une seule salle que trois mois auparavant.
Et il est vrai que le cinéma français entre jusqu’en 1934 grosso modo dans une période plutôt terne dû à l’apparition du Parlant et à la capacité du milieu cinématographique français à s’adapter à cette nouvelle donne. A ce sujet voir le très bon livre de Pierre Billard dont nous avons déjà parlé : L’Age classique du cinéma français paru chez Flammarion en 1995.

Dans L’Usine Aux Images, Les Jeunes

Saviez-vous que la Semaine du cinéma s’est achevée par ce voeu : « Que les maisons de production fassent de plus en plus appel à des forces neuves en s’attachant à compléter et renouveler leurs cadres de réalisateurs et d’artistes »? Et cela au moment même où dans toute la presse cinématographique, sans exception, des journalistes préconisent l’emploi de jeunes talents qui attendent impatiemment de se révéler. Au moment même où Boisyvon, Alexandre Arnoux, Moussinac, André Lang, René Ginet dénoncent avec raison l’ignorance et le mépris injuste dont on feint d’entourer les jeunes. Une telle unanimité donne tout de même à réfléchir !

 

Messieurs les producteurs, qui faites la sourde oreille, il s’agit de s’entendre. Nous ne demandons pas mieux que de défendre votre contingentement ; mais à une seule condition : qu’une plus grande qualité de films français permette la révélation de talents nouveaux. Si, comme à la foire, « on prend les mêmes et on recommence », il est inutile, pour le profit de quelques-uns, de nous priver d’ une majeure partie des films américains souvent fort beaux.
Or, jusqu’ici, qu’ont fait les producteurs français pour les jeunes ? Rien absolument rien ! Ils confondent encore certains oisifs aux théories incendiaires avec de véritables « jeunes » qui ont plus ou moins fait leurs preuves dans un studio.
[…]

 

 

[… ]

 

[…]

Non, derrière le cinéma américain, il y a autre chose que la puissance du dollar. Qu’on le veuille ou non, il y a l’intelligence, et une phrase d’Henri Chomette résume admirablement la Situation : « L’Amérique, dans le domaine du cinéma, est le pays de l’avancement au choix ; la France est le pays de l’avancement à l’ancienneté. »

MARCEL CARNÉ.

 

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