06.1930 « éloge du film policier américain » (in Cinémagazine)

Marcel Carné , Ciné-Reporter (1929-1934)

Marcel Carné , Ciné-Reporter (1929-1934)

Sortie prévue le 10 mars aux Editions La Tour Verte de notre anthologie des écrits de Marcel Carné lorsqu’il était critique, avant de devenir le cinéaste que vous connaissez.

Un deuxième volume est prévu ultérieurement.

Du coup, vous ne trouverez sur ce site que des extraits des articles et chroniques que nous avions retranscrit précédemment.

Nous avons consacré plusieurs pages spéciales sur notre livre à l’adresse suivante : http://www.marcel-carne.com/carne-et-la-presse/1929-1934/

www.latourverte.com

 

Article de Marcel Carné paru dans Cinémagazine en juin 1930

ELOGE DU FILM POLICIER AMERICAIN (1930)

1915. Succédant aux barbes postiches ne trompant personne, aux gestes grandiloquents, à l’atmosphère théâtrale et poussiéreuse des Vampires ou de Fantomas, Les Mystères de New York s’imposent tout à coup à notre étonnement. Au siècle de la vitesse, nous découvrons, à travers le visage de l’aventure, l’art du mouvement. Ce film, réalisé par un ancien metteur en scène de Pathé, Gasnier, émigré en Amérique, connaît en France une vogue considérable. En un jour, les murs de la capitale se couvrent d’affiches fascinantes : l’homme au Mouchoir rouge, un revolver entre les deux yeux, vous guette à chaque coin de la rue. Il prend possession du rez-de-chaussée » d’un grand quotidien qui reproduit, à des milliers d’exem­plaires, son image obsédante.

[…]

Il y a encore de beaux jours pour cette forme de l’Aventure au cinéma. Nous reverrons donc ce monde qui nous est étranger, dont nous ne savons que ce que le cinéma veut bien nous montrer, un monde mystérieux peuplé de figures louches vivant dans l’équivoque, un monde qui grouille de mauvais garçons et de filles qui « ont mal tourné ». Non plus les figures chères à François Villon et, plus près de nous, à Francis Carco et Pierre Mac Orlan. Ce ne sont plus les pâles voyous gui attendent, pour le dévaliser, le prome­neur attardé; ce ne sont pas davantage leurs compagnes exerçant un métier « que la police tolère et que la morale réprouve ».

[…]

N’attaquons pas le film policier. Au petit bourgeois tranquille à qui ne suffisent plus un fauteuil confortable, une bonne pipe et des chaussons molletonnés, bureaucrate d’une morne ville de province, à la jeunesse moderne avide de mondes inconnus, le film policier apporte un peu de rêve et de poésie.

 

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